Révolution du sourire. Révolution joyeuse. Révolution tranquille : Révolution éphémère et périssable. Liberté s’est chantée dans toutes ses compositions musicales et ses clips avaient ravis les yeux de beaucoup d’algériens et même un peu ceux du monde. Que reste-t-il ?

Dans une précédente contribution « Fierté et Légitimité, www.algeriepart.com qui ne se voulait ni optimiste, ni pessimiste, il était question de cette réflexion :

Maintenant que c’est clair du côté du peuple, qu’en est-il des gradés de l’armée car, il n’est plus de doute que seule cette institution permet à ce régime d’exister encore ?

La réponse fût foudroyante. A défaut de balles trop voyantes ou très bruyantes, un venin mortel vient d’être inoculé au peuple de manifestants : un gouvernement servile et une transition vers la continuité d’un système maffieux et crapuleux servis à grande pompe sur des plateaux de télévision complices par des directeurs de médias et des professionnels de la politique, de la chitta, des fakes news et du réseautage.

Pendant ce temps, le peuple, vent debout chaque Vendredi, ne faisaient que des piqûres de moustiques sur le cuir d’un Système-Eléphant. Le vent de colère s’en trouve essoufflé, affaibli, ralenti pour finir brisé contre les digues forteresses d’El Mouradia, de Zéralda et des Tagarins…A coups d’annonces d’outre-tombe d’un Président-fantôme qui se dit démissionnaire, d’appâts type Haddad justiciable de clopinettes ou d’une liste d’interdits de sortie du territoire à rallonge et d’autres hameçons que le peuple, groggy, va devoir encore avaler. Est-il temps de les recracher ? Ou, malédiction, retrouvera-t-il ses avers et travers ?

La Nouvelle République tant désirée par la majorité des algériens ne se fera pas par une simple addition de manifestations. Ni leur multiplication ou soustraction à chaque Vendredi ne saurait faire l’histoire. La Nouvelle République s’avère tâche impossible que seuls les animaux ne peuvent pas contourner. C’est pour le peuple algérien et lui seul qu’il y a du possible, c’est-à-dire aussi de l’impossibilité. Voilà le secret de sa grandeur. Nos parents et grands-parents, dans la réunion des 22, un Novembre 54, avaient bien déclenché l’insurrection contre un colonialisme des plus barbares et des plus criminels. Ils nous ont mené à la libération, quand devons-nous conquérir notre liberté ?

Il est grand temps que le peuple sache que toute liberté, toute révolution, est mortelle ce qui ne signifie ni mourante ni morte mais en cours de disparition ne lui laissant qu’un temps court pour sa réalisation. Pour ne pas disparaître, le peuple a besoin des ressorts de sa fierté et de sa dignité pour imposer sa légitimité d’exercer le pouvoir. Imposer c’est aller à la conquête du pouvoir et non pas attendre d’un messie, côté optimiste, ou d’une digue, côté pessimiste, que le pouvoir lui soit servi. Or, le présent ne se construit ni avec le futur d’un optimiste ni avec le passé d’un pessimiste, mais à l’Instant sans se soucier ni d’hier ni de demain. L’instant c’est le réel tel qu’il est, sans plan préétabli, ni feuilles de route concoctées dans des officines partisanes, ni scénarios élaborés par des faux experts et professionnels de la politique, encore moins dans la recherche d’hommes honnêtes et compétents car cette espèce n’a jamais existé de par le monde, à fortiori en Algérie. Ce n’est que du verbiage et de la poudre aux yeux.

Il ne s’agit pour le peuple que de déployer son programme aléatoire, de ne compter que sur sa légitimité, de presser le pas dans ses marches, d’être droit dans ses bottes, de forcer la situation pour trouver une issue à son exigence : le pouvoir au peuple.

 

Par Chadli DAHMANE

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