‘’Un peuple aussi solidaire et réaliste que le peuple algérien sait que lorsqu’on prépare son itinéraire et mesure ses pas, là où il y a une volonté, il y a toujours une voie’’

Jamais cette citation  n’aura été autant d’actualité, au vu de la situation qui caractérise le pays. Cette citation est un extrait d’un article intitulé ‘’Une révolution globale ‘’ écrit en 1972 par Ahmed Taleb-Ibrahimi, ancien ministre des affaires étrangères.

Dans cette crise politique que traverse la nation, les regards s’orientent vers le passé. Plusieurs noms d’anciens personnages sont cités comme d’éventuels successeurs ; Ahmed Taleb-Ibrahimi fait partie de ces personnalités pour conduire la  période de transition démocratique.

Ce 29 mars, pour le sixième vendredi successif, d’importantes manifestations populaires se sont déroulées  à travers le pays, au point où  le régime politique actuel n’a plus les moyens de produire sa propre transformation. L’objectif de cette révolution pacifique est double : d’une part  libérer le peuple de ce régime, et d’autre part  libérer l’Etat de ce régime.

Consolider cette dynamique de changement est d’une importance majeure, pour la fondation d’une nouvelle république. La conduite de la transition par Ahmed Taleb-Ibrahimi serait un gage de réussite pour l’application d’une feuille de route à même d’aboutir à une réponse politique. Les qualités dont peut se prévaloir  Ahmed Taleb-Ibrahimi sont nombreuses. Cultivé, écrivain apprécié du public, il est l’auteur de plusieurs ouvrages. Ancien ministre des affaires étrangères, c’est un personnage qui bénéficie d’une crédibilité diplomatique. Sa compétence permettra de prendre en charge les principales  revendications du peuple : assurer la continuité de l’Etat et  la création d’une instance nationale indépendante pour l’organisation des élections.

Dans une région plus instable que jamais, l’Algérie est à la croisée des chemins et elle sera  confrontée à des défis importants : la préservation de l’unité nationale et la stabilité du pays, bâtir un nouvel édifice républicain en harmonie avec les aspirations de la diplomatie algérienne ; la sécurité de l’Algérie et celles des pays frontaliers sont intimement liées. Près de quatre ans après la signature de l’Accord pour la paix et  la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger  en 2015, peu  de progrès en matière de sécurité ont été accomplis. En outre, la médiation algérienne confiée par l’ONU risque d’échouer par manque de consensus des partis politiques d’opposition pour la désignation  d’un président consensuel pour une période de transition de six mois à une année.

A cet effet, l’expérience d’Ahmed Taleb-Ibrahimi peut contribuer à la consolidation d’un socle normatif pour la politique étrangère du pays .De plus, la démarche d’Ahmed Taleb-Ibrahimi concernant la construction d’une union du Maghreb est reconnue.

Après la Tunisie, le peuple algérien rejette les manigances du système politique en place visant à préserver le régime  .À quelques jours de la célébration du 61 ième anniversaire de la conférence de Tanger à laquelle ont participé des figures majeures de la révolution algérienne, pour poser les jalons d’une démarche prospective de l’unité maghrébine, le peuple appelle à l’ouverture de perspectives nouvelles  qui sous-tendront des liens politiques  solides entre l’Algérie et les pays voisins.

Benteboula Mohamed-Salah.

Géographe. Auteur du livre ‘’La diplomatie algérienne à deux têtes ‘’ Editions Amazon 2017

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