Pour la deuxième fois en peu de temps, le chef de l’armée, Gaid-Salah hausse le ton et accuse :

« En date du 30 mars 2019, une réunion a été tenue par des individus connus, dont l’identité sera dévoilée en temps opportun, en vue de mener une campagne médiatique virulente à travers les différents médias et sur les réseaux sociaux contre l’ANP (l’armée) et faire accroire à l’opinion publique que le peuple algérien rejette l’application de l’article 102 de la Constitution » (article avancé par l’armée pour démettre Bouteflika, le remplacer par le président du Sénat [un membre du système] ou un autre durant 90 jours).

En même temps, plusieurs membres de l’entourage de Bouteflika et hommes d’affaires seraient arrêtés semblant dire que la menace de l’armée vise le clan Bouteflika qui ne veut pas céder la place. Mais par ailleurs, les manifestations massives du 30 mars répondaient à l’armée en disant : « c’est tout le système qu’il faut changer, il faut virer Bouteflika et les généraux voleurs, on ne veut pas de l’article 102, pouvoir au peuple ».

Bref, derrière l’attaque de l’armée contre le clan Bouteflika, il y a une attaque contre le peuple. La manoeuvre de l’armée vise à essayer d’arrêter le mouvement en liquidant le clan Bouteflika et en repoussant de 90 jours l’issue à la crise : dégager Bouteflika pour sauver le système.

Car il y a urgence pour les dirigeants. En effet depuis peu les travailleurs en grève se sont mis à dégager concrètement le système en passant aux actes et en exigeant le départ de tous les petits Bouteflika à tous les niveaux du pouvoir politique et économique, dans les administrations, les communes, les services et les entreprises.

Sissi en Egypte avait fait la même chose, il avait dégagé le président Morsi pour éviter que le peuple ne le dégage lui-même et avec lui tous les petits dictateurs à tous les niveaux de la hiérarchie, pour éviter une révolution. Et il avait fait ça en se présentant comme l’instrument de la volonté populaire. Il avait pas fallu attendre longtemps pour découvrir son vrai visage de fossoyeur de la révolution.

BREF SI LE CHEF DE L’ARMÉE MENACE A NOUVEAU LE CLAN BOUTEFLIKA QUI S’ACCROCHE, IL MENACE SURTOUT LE PEUPLE, CAR APRES LA DESTITUTION DE BOUTEFLIKA, IL Y A L’INTERDICTION DES MANIFESTATIONS ET DES GRÉVES.

Par JEAN-MARC B, blogueur sur Mediapart 

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