Il y a des moments qui peuvent changer l’avenir d’un pays si on est prêt à les saisir. Or, aujourd’hui, l’Algérie est en train de connaître son plus grand moment. Le moment crucial qui pourrait enfin la mettre sur les rails du développement, de la démocratie, bref du bonheur. Tout un peuple uni, civilisé, solidaire et conscient qui réclame de la plus belle des manières le changement pacifique et démocratique. 

Jusque-là, le rêve était permis et les Algériens ont finalement su comment s’organiser pour amorcer la dynamique du changement. Mais ces jours-ci, un danger grave et imminent menace cette volonté populaire. Il s’agit du clanisme politique. Une maladie dégénérescente qui mine le fonctionnement de l’Etat algérien depuis des lustres. A coup de Fake-News, de rumeurs affolantes, de manipulations médiatiques et d’opérations de communication, un clan au pouvoir tente de faire aux Algériens qu’il incarne le changement tant espéré. En l’occurrence, un clan au sein de l’establishment de l’Armée, celui de Gaid Salah, orchestre massivement une campagne de communication dans le but de nous faire croire que tous les maux de l’Algérie se réduisent aux Bouteflika, cette fratrie maudite.

C’est un marché de dupes. Les Algériens de 2019 ne sont pas les Algériens des années 90. Pas évident de les manipuler. Pas facile d’abuser de leur crédulité. Les jeunes qui sortent dans la rue savent pertinemment que le régime algérien est nettement plus sophistiqué et Bouteflika n’est qu’une face visible de l’iceberg. Gaid Salah, le vieux général, est une autre facette de ce même iceberg. Chasser Bouteflika pour confier le pouvoir à l’Armée est une énième arnaque que les Algériens doivent éviter. Le développement, l’épanouissement de notre pays ne saura venir que d’une véritable feuille de route impliquant une transition politique à même d’aboutir vers une nouvelle Algérie. Une Algérie débarrassée de tous les arbitraires y compris de celui de l’Armée qui se croit tout permettre pour décider à la place du Peuple. Une Algérie où un Président de la République est démocratiquement élu et qui doit rendre des comptes à un parlement représentatif et légitime jouissant de tous les pouvoirs nécessaires pour contrôler le gouvernement. Une Algérie où les budgets de l’Armée sont gérés en toute transparence et sous contrôle du parlement qui doit avoir un regard sur les gros contrats d’armement.

Une Algérie où l’argent public appartient d’abord et avant tout au peuple. Une Algérie où la justice est indépendante et qui peut juger n’importe qui quelque soit son grade, son rang ou ses origines familiales. Oui, dans cette nouvelle Algérie, il n’y a pas de place pour les Bouteflika. Mais il n’y a certainement pas de place aussi pour Gaïd Salah et ses acolytes. De grâce, que cette mascarade médiatique cesse toute de suite et disons tous ensemble haut et fort : non à la manipulation ! Les Algériens ne seront plus les dindons de la farce…

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