C’est la fin d’un potentat qui a fait du mal à des milliers, voire des millions d’Algériens. Tayeb Louh, l’homme qui avait régné en maître absolu sur le ministère de la Justice depuis septembre 2013 a été officiellement limogé de son poste ce dimanche 31 mars. Il est remplacé par  Slimane Brahmi, un magistrat connu pour avoir présidé la Cour de Blida et la Cour d’Alger. 

Tayeb Louh a été donc « chassé » du gouvernement alors qu’il avait l’ambition, il y a de cela à peine quelques mois, de devenir le futur premier-ministre. Au mois de novembre 2018, il s’était rebellé contre Ahmed Ouyahia entraînant ainsi tout le gouvernement dans une paralysie inquiétante. Depuis le mois d’octobre 2018, Tayeb Louh était un acteur majeur d’une guerre de clans très violente dans le sillage de la course pour la succession d’Abdelaziz Bouteflika. Aveuglé par sa pseudo-puissance et son contrôle absolu de l’appareil judiciaire, Tayeb Louh avait nourri l’ambition d’entrer en compétition pour lorgner la candidature à la Présidence de la République. Et pour ce faire, l’homme a pactisé avec le général Ghali Belkecir, le commandant de la gendarmerie nationale, dans l’optique de draguer Ahmed Gaïd Salah, le chef d’Etat-Major de l’ANP.

Mais ce dernier se ravise et refuse de parrainer le petit ministre qui voyait loin, très loin. Au final, Tayeb Louh essuie un échec retentissant et perd ses soutiens politiques. Dés le 22 février, avec l’enclenchement du mouvement populaire contre le 5e mandat brigué par Abdelaziz Bouteflika, Tayeb Louh se retrouve au coeur de la révolte mené par les avocats et, plus tard, les magistrats qui se rebiffent contre son diktat. Les langues se délient enfin et les juges dénoncent ouvertement sa « hogra ». Après des années de corruption, de répression politique et de harcèlement inouï contre les opposants politiques, les blogueurs engagés, les journalistes indépendants,  le règne de Tayeb Louh prend fin dans la déchéance la plus totale. On ne compte plus les magistrats qui ont été brisés, pourchassés et écrasés par l’arbitraire du cabinet de Tayeb Louh lorsqu’ils osent refuser les « verdicts communiqués par téléphone », les « ordres venus d’en haut » pour emprisonner ou condamner des algériens honnêtes qui dérangent le régime ou certains de ses hauts responsables amis de ce ministre sinistre.

Un seul article ne suffira pas pour dresser le bilan macabre du passage de Tayeb Louh à la tête du ministère de la Justice. C’est pour cela que la rédaction d’Algérie Part publiera bientôt une série de révélations fracassantes sur les dérives de ce ministre qui a totalement phagocyter la justice algérienne plongeant ainsi tout un pays dans les méandres sombres du diktat et de la hogra. Aujourd’hui, l’heure de rendre des comptes a sonné. Et de nombreux algériens vont certainement poursuivre devant les tribunaux cet ancien potentat qui ne peut plus jouir de l’impunité.

 

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