Après avoir rejeté dans le fond et dans la forme la « feuille de route présidentielle », le peuple vient d’infliger, lors d’une nouvelle et impressionnante démonstration de force, un avertissement sans sommation au chef d’Etat-major, Gaid Salah.

Les Algériennes et les Algériens n’accepteront aucune manœuvre d’où qu’elle vienne qui viendrait à les dépouiller de leur droit souverain à l’autodétermination.
L’article 102 est, à présent, bel et bien enterré et, avec lui, la manoeuvre tout aussi dangereuse que grotesque du clan Gaid Salah visant à se substituer à la volonté populaire en tentant d’imposer une fausse solution,  prétendument constitutionnelle, qui au final ne  vise qu’à sauver le système en sacrifiant les symboles honnis du régime Bouteflika.
Que cela soit définitivement admis  : l’ère de la suprématie du militaire sur le politique est maintenant définitivement révolue.
Le peuple algérien, respectueux de son Institution militaire et soucieux de sa cohésion interne, refuse qu’une petite caste de généraux à la culture putchiste prenne une nouvelle en otage l’Algérie, son Etat et son Armée. Il reste convaincu qu’il existe  des officiers modernes capables de concevoir une Défense nationale fondée sur la citoyenneté.
A la lumière des grandioses manifestation qui s’amplifient de vendredi en vendredi, il apparait clairement que la Légalité formelle, symbolisée par une constitution constamment violée, ne saurait servir de cadre juridique à un quelconque changement démocratique.
Le respect de la légitimité démocratique révolutionnaire impose  aujourd’hui une vraie rupture avec l’ensemble des appareils et des instances du régime en place.
Le départ de Bouteflika et son remplacement par instance collégiale issue du mouvement populaire, selon des mécanismes à définir consensuellement,  doit s’accompagner de la dissolution du Parlement et du Conseil constitionnel, ainsi que de la révocation du gouvernement.
Il s’agira de définir une nouvelle légalité conforme à la nouvelle réalité politique et susceptible d’accompagner et d’encadrer le processus révolutionnaire pour l’instauration de la 2ème République.
Désormais, rien ne justifiera, sauf à vouloir la confrontation avec le peuple, le refus d’une transition démocratique constituante.
Par Samir Bouakouir

LAISSER UN COMMENTAIRE