C’est un véritable pavé dans la mare que vient de lancer l’ancien juge d’instruction à la Cour de Souk Ahras, Habib Aichi. Sur le plateau de l’émission l’Algérie de Demain avec la participation du rédacteur en chef d’Algérie Part, Abdou Semmar, cet ancien juge d’instruction, exilé en France après avoir subi des pressions en raison de ses enquêtes sur les affaires de corruption impliquant des hauts commis de l’Etat, a expliqué que la sortie d’Ahmed Gaïd Salah où il préconise d’appliquer l’article 102 pour destituer Abdelaziz Bouteflika l’expose à un sérieux risque d’emprisonnement.

« Si l’on applique vigoureusement la loi, Ahmed Gaïd Salah devrait être interpellé et incarcéré car il pourrait comparaître devant un tribunal militaire pour sédition », indique cet ancien juge d’après lequel Ahmed Gaïd Salah a violé la constitution, la loi civile et le règlement militaire.  « En tant que chef d’Etat-Major de l’Armée, il n’a aucune prérogative pour se prononcer sur cette question. Il n’a aucunement le droit de donner une injonction au conseil constitutionnel ni à aucune autre autorité civile. En plus, le Président de la République est considéré constitutionnellement comme le commandant suprême des Forces Armées en Algérie. L’appel de Gaïd Salah peut être considéré d’un point de vue juridique comme une tentative de coup d’Etat caractérisé ou de rébellion qui menace la sécurité nationale. C’est une grave infraction », a précisé le même magistrat.

Ce dernier n’a pas manqué enfin de souligner que l’application de l’Article 102 dans le contexte n’a aucun sens. « Constitutionnellement, le mandat de Bouteflika expire le 28 avril prochain. Nous n’avons pas le temps d’expérimenter l’article 102. C’est trop tard », relève en dernier Habib Aichi. Retrouvez l’intégralité de l’analyse et décryptage de ce magistrat en visionnant cette vidéo :

LAISSER UN COMMENTAIRE