L’appel de Gaid Salah à la destitution de Bouteflika est une tentative de coup de force contre la révolution démocratique du 22 février.
Dépassés par l’ampleur de la révolte populaire, les chefs militaires, en sacrifiant Bouteflika, espèrent contenir un  mouvement populaire d’une ampleur sans précédent pour en réduire la portée historique. La pseudo-solution constitutionnelle, à  travers l’application de l’article102,  préconisée par Gaid Salah au nom de l’Armée trahit une volonté de garder la haute main sur les futures échéances.
Comment en effet ne pas voir dans cette réaction autoritaire une volonté de l’élite militaro-sécuritaire de maintenir sa position hégémonique et de contrarier l’exigence populaire pour une rupture radicale ?
Il faut croire le syndrome Sissi a atteint irrémédiablement Gaid Salah. Alors que le peuple tendait sa main pour amorcer ensemble une dynamique historique de reconstruction de l’Etat national, la hiérarchie militaire, nourrie de vieux réflexes  putschistes de l’armée des frontières, tourne encore une fois le dos aux aspirations populaires.
Par cette attitude irresponsable, c’est l’occasion inespérée d’une véritable réconciliation historique entre l’Institution militaire et le peuple qui risque d’être ratée. Proposer un simple changement de façade civile,  par la biais d’un nouveau processus électoral biaisé,  alors que les Algériennes et les Algériens réclament l’exercice de leur droit inaliénable  à l’autodétermination est un violent affront politique qui n’a d’égal que le profond mépris voué par Bouteflika à son peuple.
Les conséquences seront graves pour la la cohésion nationale et sociale du pays.
Les chefs militaires, en particulier les officiers intègres, doivent rapidement se raviser et prendre enfin la mesure de la détermination populaire. Faire aujourd’hui  l’impasse sur une transition démocratique et l’élection d’une Assemblée constituante, c’est opter pour le pire et prendre le risque de plonger le pays dans le chaos.
Par Samir Bouakouir 

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