Quand Amar Saâdani est de retour, cela signifie qu’une importante séquence politique va se produire très prochainement en Algérie. L’ancien patron du FLN est l’homme des missions difficiles, l’homme qui parle au nom de ces puissants cercles du pouvoir algérien qui ne peuvent jamais s’exprimer publiquement. Et chacune de ces interventions médiatiques, Amar Saâdani porte le message d’un centre de décision qui ne peut communiquer avec les Algérien à travers un canal officiel. 

Cette fois-ci, Amar Saâdani a dit beaucoup de choses. Amar Saâdani a, surtout, fait de nombreuses révélations troublantes sur le fonctionnement du régime algérien allant jusqu’à déclarer que le président Bouteflika « est kidnappé, on ne le voit pas. » O »n fait faire au président des choses qu’il n’accepte pas lui-même. Ils disent que le président a envoyé une lettre alors qu’il ne peut pas écrie, a désigné des responsables alors qu’il ne peut pas le faire. Les lettres sortaient de chez Ahmed Ouyahia signées par lui. Il les faisait entrer à la Présidence pour les faire sortir ensuite », a accusé ouvertement l’ex-Président du parlement algérien.

C’est une première inédite. C’est la première fois qu’un haut responsable algérien « balance » de telles gravissimes accusations. Mais, en vérité, Amar Saâdani n’est pas encore totalement crédible parce que dans cette fameuse interview accordée à TSA, il ne respecte clairement aucune neutralité. Pis encore, il joue parfaitement le rôle du porte-parole du Chef de l’Etat-Major de l’Armée algérienne, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah.  Amar Saâdani s’attaque à tous les pouvoirs en Algérie : Ahmed Ouyahia, l’ex-DRS du général Toufik, les conseillers de la Présidence, « l’Etat profond » qu’il refuse de nommer, bref, tout le monde en prend pour son grade avec Amar Saâdani sauf naturellement.. La hiérarchie militaire dont il encense les vertus.

Le message est clair : les propos tenus par Saâdani reflètent les pensées et visions de l’Etat-Major de l’ANP. D’ailleurs, à ce sujet le polémiste Saâdani affirme que « le chef de l’état-major de l’ANP aurait pu écarter le président de la République en cinq minutes » ! Oui, Ahmed Gaïd Salah est puissant, très puissant et Amar Saâdani s’en vante sans se poser la moindre question.

Cependant, « il ne l’a pas fait parce que l’armée est une institution républicaine qui va laisser le président terminer sa mission comme cela est prévu dans la Constitution. Si cela revenait à l’État profond, il aurait écarté le président par la force ou par l’assassinat. Cela a eu lieu en Algérie à l’époque de l’État profond pour les présidents de la République. Aussi, le général Gaid Salah et l’armée ont évité l’ouverture de la porte de l’Enfer ».

Amar Saâdani prend ainsi officiellement son nouveau job et assure, désormais, le poste de porte-parole de l’Etat-Major de l’ANP ! Une institution qu’il défend bec et ongles alors qu’elle est une partie prenante de ce régime aujourd’hui massivement contesté par la rue algérienne.

La sortie d’Amar Saâdani s’apparente bel et bien à une « commande ». Il s’agit tout de même d’une opération risquée et incertaine qui relance plus que jamais la guerre des clans au sein du sérail algérien. Une nouvelle guéguerre au moment où l’Etat algérien a besoin d’unité et de bon sens pour répondre aux revendications des millions d’Algériens manifestant dans les rues de leur pays. Et au lieu de recruter un nouveau porte-parole sulfureux, l’Etat-Major de l’ANP ferait mieux de plancher sérieusement sur des solutions sérieuses pour respecter la volonté populaire exprimée par des millions de nos concitoyens.

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