Comme à son habitude, Amar Saâdani ne parle pas pour ne rien dire. Et à chacune de ses sorties médiatiques, l’ancien patron du FLN fait des révélations fracassantes. Cette fois-ci, l’homme qui avait osé dénoncer ouvertement le pouvoir occulte du général Toufik, ex-patron du DRS, en 2014, a donné des informations très inquiétantes concernant le fonctionnement de la Présidence de la République au cours de ces deux, voire trois dernières années. 

Dans un entretien accordé à nos confrères de TSA, Amar Saâdani a expliqué clairement que les prérogatives du pouvoir de la Présidence de la République ont été détournées ces dernières années par ce qu’il appelle « l’Etat Profond », un pouvoir occulte exercé par des lobbys puissants. Et selon Saâdani, à la tête de ce pouvoir occulte, nous retrouvons un certain Ahmed Ouyahia qui aurait pris des décisions sans consulter le Chef de l’Etat !

« Le Premier ministre a été également directeur de cabinet (à la Présidence de la République). Tout passait par lui. Aujourd’hui qu’il n’est plus là (Ahmed Ouyahia), avez-vous vu des décisions émaner de la Présidence de la République depuis ? Posez-vous la question. Toutes les décisions, qui ont suscité les doutes des citoyens, sortaient sur ordre de l’État profond et de son représentant à la Présidence de la République », a affirmé ainsi l’homme qui a été entre 2004 et 2007 président de l’Assemblée populaire nationale (APN).

Amar Saâdani est allé jusqu’à remettre en cause la crédibilité et la légitimité des lettres attribuées à Abdelaziz Bouteflika.  « La seule lettre dont je ne doute pas est celle du 11 mars 2019 où il a annoncé qu’il ne s’est pas présenté pour un cinquième mandat et qu’il n’avait pas l’intention de se porter candidat. Sa candidature est venue de l’État profond », a expliqué encore l’homme qui a dirigé du FLN du 1ᵉʳ septembre 2013 au 22 octobre 2016.

Ainsi, à en croire Amar Saâdani, Abdelaziz Bouteflika a été l’otage d’une clique qui a voulu l’instrumentaliser pour se maintenir au pouvoir. C’est un véritable pavé dans la mare.  « On sait que le président est malade depuis 2013. Il s’absente, puis revient. En 2014, j’étais parmi ceux qui avaient proposé la candidature du président parce qu’à l’époque un complot se préparait contre l’Algérie au lendemain du « Printemps arabe ». Des terroristes étaient massés au niveau des frontières pour entrer en Algérie. Je connaissais les bons rapports que le président avaient avec certains pays arabes et islamiques, qui avaient contribué au printemps arabe. Je voulais qu’il reste au pouvoir pour que le pays ne subisse pas le sort de la Libye ou de la Syrie », souligne enfin Amar Saâdani dont les déclarations ne manqueront pas de susciter de nouvelles interrogations sur l’identité des véritables détenteurs du pouvoir en Algérie.

 

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