Les images sont inédites, impressionnantes et donnent la chair de poule. Des millions de personnes sont sorties ce vendredi dans les rues en Algérie pour réclamer du changement et dire non au prolongement de l’actuel mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika. A Alger, d’immenses marches ont secoué les artères de la capitale. Des familles, des jeunes, des personnes âgées, des femmes ou des hommes, ils ont tous marché pour crier leur désir de vivre enfin le changement dans leur pays. 

Le test est d’importance. C’est le premier vendredi depuis que le président a reporté l’élection présidentielle, prolongeant sine die son mandat au-delà de son terme prévu, le 28 avril. D’habitude, les rassemblements commencent à l’issue de la prière de vendredi. Cette fois, deux heures avant, la place de la Grand-Poste était déjà noire de monde.  Les manifestations contre un cinquième mandat de Bouteflika ont débuté le 22 février. Depuis, si le président a renoncé à se représenter, il n’a pas quitté le pouvoir.

On voulait des élections sans Boutef, on se retrouve avec Bouteflika sans élections », s’insurge une pancarte, résumant le sentiment des contestataires depuis l’annonce du chef de l’Etat. « Quand on dit ‘non au 5e mandat’, il (Bouteflika) nous dit ‘on garde le 4e, alors' », indique une autre. Comme les semaines précédentes, l’emblème national – vert et blanc, frappé du croissant et de l’étoile rouges – est omniprésent : drapeaux de toutes ailles, brandis ou portés en cape, écharpes, casquettes… De nombreux manifestants ont expliqué être venus dès la veille à Alger, où ils ont passé la nuit chez des parents ou amis, craignant de ne pouvoir rejoindre la capitale en raison de barrages ou en l’absence de bus.

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