Après les milliers d’appels humoristiques au standard du CHU de Genève où était hospitalisé Abdelaziz Bouteflika, des Algériens se tournent vers l’Elysée pour dénoncer la réaction de Paris.

Nouvelle cible mais même méthode. La semaine dernière, les hôpitaux universitaires de Genève (HUG), où avait été admis le président algérien Abdelaziz Bouteflika, ont reçu des milliers de canulars téléphoniques d’Algériens. Les opposants à un cinquième mandat présidentiel, demandaient avec humour au personnel du standard téléphonique de l’établissement de « débrancher » Bouteflika afin de libérer « une nation prise en otage ».

De nombreuses vidéos de ces appels ont été diffusées sur YouTube. « Le premier jour, on a reçu 1.500 appels de ce genre », a confirmé à 20 Minutes un responsable du HUG. Le personnel du service téléphonique est resté calme et courtois face aux appelants parfois hilares et provocateurs comme en témoigne les vidéos. «  Une fois que son départ a été annoncé dans la presse, les appels ont cessé. Tout est revenu à la normale », a ajouté le responsable.

La France accusée d’ingérence

Après Genève, c’est à présent vers l’Elysée que se tournent les opposants au chef d’Etat algérien. Peu de temps après qu’Emmanuel Macron a salué mardi la décision du leader algérien de renoncer à un cinquième mandat, appelant à une « transition d’une durée raisonnable », de nombreux Algériens ont contacté le standard du palais présidentiel français.

Massyles@Massyles_KH

Après le HUG c’est l’Elysée que les ciblent par des appels ! Incroyable peuple ❤️❤️❤️ @TSAlgerie @Algerie360 @derradjihafid @Algpatriotique

mohamed abdel@mohtwittos

Après l’hôpital de Genève. Ça commence à appeler l’Elysée lol

A travers de multiples appels, parfois filmés et postés sur YouTube, des Algériens ont demandé que Macron s’occupe des crises qui le concernent en mentionnant notamment le mouvement des  «gilets jaunes». Certains interlocuteurs en ont profité pour rappeler que la démarche d’Abdelaziz Bouteflika ne respecte pas la Constitution algérienne. Pour eux, le renoncement au cinquième mandat au profit du prolongement de celui en cours est une « ruse » de la part du président algérien.

Un sursaut de conscience populaire

Sur les réseaux sociaux, la diaspora de France est appelée à mener des actions militantes devant le palais de l’Elysée pour dénoncer le soutien de la France aux « manœuvres » de Bouteflika comme les nomme, Ali Benflis, ancien Premier ministre de Bouteflika, passé à l’opposition.

« Tout a commencé par des posts sur Facebook, explique Abdelkader, un ingénieur français d’origine algérienne de 37 ans. Bouteflika avait disparu des écrans depuis plus de cinq ans et malgré cela, il a annoncé sa candidature depuis l’hôpital. Le peuple a pensé que ça tournait au ridicule et que le seul moyen d’avoir de ses nouvelles était d’appeler l’hôpital. Il y a eu un premier appel filmé puis posté sur le réseau social, c’était marrant. Tout le monde a voulu faire pareil et enregistrer sa propre vidéo ». Pour le jeune homme, l’humour est la réponse du peuple à l’attitude « ridicule » du gouvernement algérien.

Contacté par 20 Minutes, l’Elysée n’a pas donné suite à notre demande d’information.

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