Les Algériennes et les Algériens ainsi que la majorité des acteurs politiques, associatifs et syndicaux autonomes ont rapidement signifié une fin de non-recevoir à une prolongation du 4ème mandat maquillée par des propositions qui remettraient en scène le personnel politique dirigeant.

Il faut que cela soit définitivement admis : le peuple algérien est déterminé à en finir avec non seulement la clique « présidentielle » mais avec l’ensemble d’un système qui a mené le pays au désastre et à la ruine.

Aucune ruse, aucun stratagème, aucune entourloupe ne brisera l’irrésistible élan populaire pour  une nouvelle Algérie, libre, démocratique et heureuse.

La légitimité populaire ne saurait être contrariée par le maintien d’une fausse légalité continuellement violée par ceux en charge de la respecter.

Aujourd’hui, L’Algérie est devant une situation exceptionnelle.

Le départ de Bouteflika est une exigence incontournable pour lever l’hypothèque pesant sur un peuple qui se réapproprie pacifiquement sa souveraineté et son droit légitime à l’autodétermination, trop longtemps bafoué

Le système politique politico-institutionnel actuel étant en complète décomposition, c’est l’Armée, source du pouvoir depuis l’indépendance,  qui devient de fait l’unique détentrice du pouvoir.

Elle est plus que jamais face à ses responsabilités.

Plus  aucune instance n’a la légitimité ni la légalité d’engager le pays et de faire des promesses de changement. L’ensemble de la classe politique dirigeante est définitivement disqualifiée.

Persister, comme semble maladroitement  le faire l’actuel  chef d’Etat-major à refuser le rôle politique que les évènements historiques lui imposent  en feignant  se réfugier derrière une légalité factice mènera inévitablement le pays devant une impasse très dangereuse.

Personne aujourd’hui n’a intérêt à reproduire, comme en octobre 88, un face à face entre la jeunesse et l’Armée.

Les déclarations de Gaid Salah célébrant une symbiose entre le peuple et l’Armée, si elles se veulent sincères, doivent être accompagnées d’actes concrets.

Des décisions courageuses, parmi lesquelles l’invalidation de la désignation de Bédoui en tant que Premier ministre et la dissolution du parlement,  doivent être prises sans attendre par les dirigeants militaires pour rassurer le peuple algérien sur leur volonté de mettre fin définitivement au système et d’empêcher sa résurgence sous quelques formes que ce soit.

Les décideurs militaires doivent prendre l’initiative d’ouvrir des négociations avec les acteurs politiques et les personnalités de la société civile crédibles et reconnues par les Algériennes et les Algériens pour définir ensemble les étapes nécessaires d’un processus politique constituant qui consacrera la souveraineté populaire et fondera la nouvelle république algérienne.

 

Samir BOUAKOUIR, Ancien Porte-parole du FFS

 

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