En Algérie, l’armée a fait de nouvelles déclarations, dimanche 10 mars 2019. Dans un discours face aux élèves officiers, le chef d’état-major a affirmé que le peuple et l’armée partageaient la même vision du futur du pays.

C’est un message au ton différent de ceux des deux dernières semaines. Le chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, a déclaré ce dimanche 10 mars que l’armée et le peuple algérien partageaient les mêmes valeurs et principes, et qu’ils avaient une vision commune du futur du pays.

Dans des messages précédents, ce proche d’Abdelaziz Bouteflika, âgé de 79 ans, avait déploré que certains veuillent ramener l’Algérie aux années de braise, c’est-à dire à la période de terrorisme. Il avait aussi fustigé des « appels anonymes douteux » qui allaient « pousser les Algériens vers l’inconnu ».

Des appels ont été lancés à l’armée pour qu’elle intervienne dans la situation politique et qu’elle refuse le cinquième mandat. Mais, jusqu’à présent, Ahmed Gaïd Salah a toujours rejeté tout appel à intervenir. Ce matin, ce message du chef d’état-major fait la Une du quotidien arabophone El-Khabar, qui estime que c’est bien une façon détournée pour l’armée de soutenir le peuple qui manifeste de façon inédite contre un cinquième mandat du président Bouteflika et pour un changement de système politique.

Ce communiqué du ministère de la Défense Nationale intervient au moment où une grève générale est en train de paralyser de nombreux secteurs du pays.  Dans le centre d’Alger, les boucheries, boulangeries, supérettes, cafés, restaurants sont globalement ouverts mais le rideau de la plupart des autres boutiques des artères commerçantes est fermé.

Dans le quartier populaire de Bab el Oued et celui voisin de Bologhine, l’essentiel des boutiques sont ouvertes, de même que dans le quartier chic d’Hydra. En revanche, environ la moitié des magasins sont fermés dans la banlieue résidentielle de Kouba. Les administrations et banques, publiques et privées, semblent fonctionner normalement à Alger et le trafic automobile est normal.

A Oran (nord-ouest), comme la veille, lundi ressemble à une «journée ordinaire» et l’appel à la grève est peu suivie, l’essentiel des commerces étant ouverts, selon un journaliste local. Dans le centre de Constantine (nord-est), les principaux marchés restaient fermés mais les petits commerces ont ouvert, a dit un autre journaliste. A Annaba, les boutiques ont aussi ouvert.

«Que fera (…) ou annoncera Bouteflika?», Bouteflika, rentré en Algérie dimanche, «cédera-t-il aux appels de la rue?», se demande le quotidien francophone El Watan. Le quotidien officiel El Moudjahid a répondu lundi à la question: les manifestations n’expriment pas «une contestation radicale» du pouvoir, et tout scénario ne passant pas «par la voie des urnes» bafoue «la volonté du peuple».

Source : AFP 

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