L’Algérie fait face à des manifestations inédites. Depuis le 22 février, la mobilisation ne faiblit pas pour contester la nouvelle candidature du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999. « Ce qui se passe en Algérie est exemplaire et essentiel », a estimé François Bayrou, invité dimanche du Grand Rendez-vous sur Europe 1. « C’est tout un peuple qui se réveille, des millions et des millions de personnes qui descendent dans la rue sans aucune violence, sans aucune agressivité, sans rien qui ressemble aux mises en accusation et menaces que l’on rencontre souvent, y compris chez nous ».

« Incroyable » et « bouleversant ». « Tout ceci est incroyable, bouleversant », poursuit le président du MoDem. « Les responsables algériens que je connais vivent ce moment avec le sentiment que des décennies de combats et de luttes sont en train de déboucher sur un printemps du peuple algérien », ajoute-t-il.

Un risque de dérapages. Pour autant, l’éphémère garde des Sceaux d’Emmanuel Macron se veut prudent sur l’issue de la contestation. « On sait ce que sont ces mouvements : ça n’est pas parce qu’ils commencent très bien qu’ils finissent très bien », glisse-t-il, alors que vendredi, des affrontements ont éclaté à Alger, en marge desquels le musée des Antiquités et Arts islamiques a été vandalisé. « La société algérienne a choisi un chemin qui est celui qui porte le plus d’espoir, ça ne veut pas dire qu’il vont y arriver aisément. Je ne veux dissimuler aucun risque », nuance François Bayrou.

La prudence de la France. « Aucune indifférence » mais « aucune ingérence » a dit Édouard Philippe sur BFM TV à propos de la crise algérienne. Une prudence qui contraste avec celle d’autres puissances occidentales. Le porte-parole de la diplomatie américaine a ainsi assuré, le 5 mars, que les États-Unis « soutenaient le peuple algérien et son droit à manifester pacifiquement ». « Le gouvernement est en charge des relations historiques entre la France et l’Algérie […] Vous savez très bien l’histoire tellement tourmentée, à la fois passionnelle et chargée de drames, entre l’Algérie et la France », défend François Bayrou. « Le risque d’être accusé d’ingérence est pour le gouvernement une contrainte extrêmement forte. »

« Être utiles. » Il estime toutefois que, de manière officieuse, l’exécutif ne peut porter qu’un œil favorable sur ces manifestations. « Je sais à peu près ce que chacun des responsables pense de la situation », glisse-t-il. « Je sais très bien que le responsable de l’exécutif [Édouard Philippe, ndlr] et de la politique étrangère française [Jean-Yves Le Drian, ndlr], ont l’intention naturellement, ou en tous cas la volonté, d’être utiles pour que ce grand changement se passe le mieux possible ».

Source : Europe 1

LAISSER UN COMMENTAIRE