Les rumeurs se sont finalement concrétisées et un état général d’anxiété collective est en train de s’installer en Algérie. Ce dimanche matin, les Algériens se sont réveillés avec des commerces fermés dans plusieurs grandes et petites villes du pays. Les transports ferroviaires paralysés et des bus de l’entreprise publique l’ETUSA à l’arrêt à Alger et ses environs. La grève générale a bel et bien eu lieu ! 

Bouira, Béjaïa, Sétif, Alger, Blida, Tizi-Ouzou, Oran, Skikda ou Guelma ainsi que d’autres villes importantes du pays ont été vidées subitement de leurs activités commerciales et économiques. Pis encore, certaines structures stratégiques comme les banques publiques ou des annexes de Sonelgaz, l’entreprise nationale qui fournit de l’électricité aux algériens, ont gelé également leurs activités. A Béjaïa, le terminal pétrolier a été lui-aussi touché de plein fouet par la grève générale.

De grandes installations industrielles comme l’usine de la Société nationale des véhicules industriels, ou SNVI, anciennement « Société nationale de construction mécanique » (SONACOME), ont été touchées par cette grève générale. Les ouvriers de plusieurs zones industrielles importantes du pays ont adhéré aussi à cette grève générale comme c’est le cas depuis ce matin à Bordj Bou Arreridj qui abrite la plus importante zone d’activité pour les industries électroniques et fabrication des équipements électroménagers.

Force est également de constater que des mairies, des daïras ou des recettes des services des impôts ont cessé brusquement leurs activités depuis ce dimanche matin dans plusieurs villes en Kabylie ou ailleurs comme à Annaba ou Batna. Cette paralysie des activités commerciales, industrielles et économiques ou administratives du pays est entrée en jeu à la suite de la diffusion massive de plusieurs appels à la grève générale sur les réseaux sociaux. Des appels qui demeurent anonymes dans la plus grande majorité des cas.

Certains appels ont été suivis par des documents signés par certaines organisations syndicales quasiment méconnues. Nous n’avons pas pu vérifier l’authenticité de ces communiqués portant le nom de ces organisations syndicales. Cette grève générale est-elle donc le fruit d’une colère populaire et nationale spontanée dans le sillage des manifestations contre le 5e mandat ou relève-t-elle d’une grande opération de manipulation de masses dans le but de faire tomber le gouvernement ? Difficile de répondre encore à cette question, mais pour l’heure cette grève générale est en train de provoquer des dégâts importants sur les institutions de l’Etat et le quotidien des Algériens. Et cette situation risque de déraper dangereusement si cette paralysie perdure encore plusieurs jours.

 

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