Alors que les Algériens restent mobilisés pour s’opposer à un 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika, inventaire des options qui pourraient débloquer la situation.

1. le Conseil Constitutionnel retient le dossier de candidature de Bouteflika malgré le refus populaire exprimé dans la rue. Pour l’opposition, ce scénario est le plus risqué puisqu’il peut pousser l’Algérie vers l’inconnu et l’impasse. « La présence de Bouteflika dans la course signifie qu’il va gagner le scrutin. Ce que les Algériens ne veulent plus », analyse un universitaire d’Alger. L’entourage du président sortant table sur « le soutien » de la majorité silencieuse. « Il faut respecter l’avis de ceux qui ne participent pas aux marches », a confié Abdelghani Zâalane, directeur de campagne de Bouteflika.

2. Bouteflika retire son dossier de candidature à la présidentielle et ouvre la voie à un autre candidat qui serait soutenu discrètement par l’armée. Cela pourrait être le général major à la retraite Ali Ghediri. Jusque-là, Ghediri, abandonné par ses collaborateurs comme l’avocat Mokrane Ait Larbi, n’a pas participé aux réunions de l’opposition.

3. Le Conseil constitutionnel refuse le dossier de candidature de Bouteflika pour « raisons médicales ». Cela aurait l’avantage de crédibiliser ce Conseil dirigé par un proche du président sortant, Tayeb Bélaïz, et de permettre au processus électoral de se poursuivre avec les autres candidats sans que l’armée intervienne.

4. Le report de la présidentielle. Cela nécessiterait une gymnastique légale assez risquée. La Constitution n’autorise le report d’une élection qu’en cas de guerre. Il faudrait donc l’amender rapidement, pas par référendum, puisque le temps ne le permet plus, mais par un Congrès (réunion des deux chambres du Parlement). L’amendement doit préciser la durée du report pour éviter la vacance du pouvoir, le mandat actuel du président Bouteflika s’achevant le 16 avril à minuit. Au-delà de cette date, le pays sera plongé dans le vide institutionnel.

5. L’annulation pure et simple du processus électoral. Là, le pays entrerait dans une nouvelle phase de transition politique. Une partie de l’opposition est favorable à cette proposition à condition de convoquer rapidement une Assemblée Constituante pour adopter une nouvelle Constitution, changer le système de pouvoir et revoir les principales lois politiques et économiques. Pour l’opposition, il ne s’agit pas de faire partir Bouteflika mais de changer l’ensemble du système et d’aller vers « une deuxième République ».

Source : Le Parisien 

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