Le grand historien spécialiste de l’Algérie Benjamin Stora estime que le régime algérien est en train de perdre son bras-de-fer avec la rue. Fortement déstabilisé par les contestations de la rue, « on a le sentiment que le pouvoir cherche à sauver l’honneur dans la tourmente et à gagner du temps », décrète Benjamin Stora dans une interview accordée à la VIE, l’hebdomadaire français. 
« Le clan autour du président essaie de trouver une porte de sortie. Il n’a pas réussi à trouver un candidat consensuel, avant cette contestation de la rue, pour remplacer Bouteflika qui est dans un état de santé catastrophique. Je ne vois pas comment il réussira maintenant que le peuple est dans la rue », a analysé Benjamin Stora, un éminent chercheur et l’un des plus importants spécialistes de l’Algérie en France et en Europe.
Pour Benjamin Stora, ces manifestations populaires contre le 5e mandat sont inédites et uniques dans l’histoire contemporaine de l’Algérie. « L’Algérie est un immense pays. Lorsqu’on voit des manifestations en Kabylie, dans l’Oranie, le Constantinois, dans le Sud, on se dit que ces manifestations atteignent une ampleur inégalée », explique l’universitaire auteur de plusieurs ouvrages sur l’Algérie comme Algeria 1830-2000 ou les Trois Exils, Juifs d’Algérie.
« C’est la première fois qu’on voit des manifestations aussi importantes depuis deux événements historiques pour les Algériens : celles de l’été 1962 au moment de l’indépendance et celles d’octobre 1988, soulèvement de la jeunesse contre le système du parti unique », s’enthousiasme enfin Benjamin Stora.

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