« BOUTEFLIKA EST MALADE MAIS IL A SES HOMMES » : quels aveux, Monsieur Sellal, car en creux, vous pensez nous apprendre que le Président est malade, mais aussi et surtout qu’il n’entend pas diriger le pays.

 

Dans un présent contexte de campagne présidentielle, cette révélation est d’autant plus importante qu’elle incarne un profond mépris à l’égard de notre République Démocratique Populaire Algérienne.

 

J’attire lourdement l’attention des citoyens algériens, sur cette « X incarnation » du pouvoir exécutif, dont j’use volontairement du terme pour qualifier l’usurpation du pouvoir de président de manière anonyme. De profondes contradictions tant constitutionnelles, que politiques sont apparues, laissant une importante place à des hommes d’affaires fraîchement arrivés au pouvoir au cours de ces vingt dernières années.

A la lumière, des grandes marches pacifiques parues dans les rues d’Alger, d’Oran, d’Ouargla, l’idée que le peuple n’était pas conscient des manigances du pouvoir, appert une fausse hypothèse. Croire à cela, c’était soulager le gouvernement, arranger la scène internationale, et bannir la carte de l’Algérie des pays aux grands espoirs. Quand bien même, de nombreux articles s’attardent de rappeler les longues décennies noires, je rappellerai à mon tour, les exploits, le courage et la ferveur de l’Histoire Algérienne. Une histoire, qui en dit long sur le courage et la dignité du citoyen Algérien, et rappel à nous, jeunes militants, le précieux héritage : du militantisme à l’amour de la Patrie. Un point de rappel important à mon sens, prouvant au monde entier que le peuple, ne saurait se taire, face à la frénésie d’un cinquième mandat « Bouteflikien ».

Profondément, républicaine et démocrate, on se doit de voter pour un candidat, qui entend rehausser la situation économico-politico sociétal de l’Algérie. Si Bouteflika était habile à assurer ces lourdes compétences, alors nous aurions sans doute voté pour lui, comme fut le cas en 1999.

Démocratie « pouvoir du peuple, pour le peuple et par le peuple » s’apparente, aujourd’hui comme une vérité absolue en Algérie. La seule présence d’un nombre incommensurable de personnes dans les rues, pour contrer la candidature de Bouteflika, suffit pour comprendre que le peuple n’est pas entendu. Bouteflika n’est pas le candidat convoité, le peuple le refuse, mais il se présente. Toute cela, laisse paraître un impétueux personnage, qui semble vouloir laisser au peuple, la carte du soulèvement populaire. Un fauteuil rempli de corruption, faisant de la Constitution, norme suprême, un « antidote » pour acquiescer les dérives de notre cher exécutif(s). En ce sens, jeune et citoyenne algérienne, j’encourage vivement la population à se poser les questions existentielles du devenir de notre pays, tant sur le plan politique, économique, juridique ou encore, sociétale.

A l’origine, mon article, s’articulait comme une réponse à Monsieur Sellal, ancien premier ministre algérien, eu égard à l’impertinence de ces propos. Ce dernier fraîchement évacué, laisse paraître que le Président de la République a bien ses hommes, mais on ne comptera pas Sellal autour de la table ronde.

 

Entre remerciement, et inquiétude, je n’omets pas de le remercier. En effet, dans ces propos, il semble informer au peuple algérien, la maladie du Président de la République. Or, en affirmant cela, il indique aussi, que le Président de la République, n’est plus habile à représenter la Nation Algérienne. Vraisemblablement, tout cela, se fait indirectement, car comme il le dit si bien, il a « ses hommes ». Une réponse profondément anticonstitutionnelle. Autrement, la question aurait pu se poser de savoir si une fois nommer pour un cinquième mandat, ce dernier pourra faire allégeance à ses prérogatives présidentielles. Laissez-moi, fortement en douter. Une longue liste, ne ferait qu’acquiescer mes propos.

Diplomatiquement, le Président ne semble plus participer à la scène internationale, il ne semble pas non plus être présent pour son propre pays, si ce n’est que par voie intermédiaire. La dernière lettre publiée, au nom du Président, ne fait que confirmer cela. En effet, pourquoi le Président n’a pas tenu à parler aux peuples algériens directement par voie orale ? User de ses facultés rédactionnelles, au détriment de la parole du peuple, laisse suspendre de nombreux doutes, quant à la légitimité de celui-ci. Encore, pourquoi le Président de la République, présente sa candidature par procuration ?

Une aberration profonde. Comment peut-on déposer une candidature par procuration, sans y voir, l’ingratitude, l’opportunisme, et la manipulation du pouvoir Bouteflikien. Ne doit-on pas savoir mettre de côté ses prétentions au nom du Peuple, de notre mère Patrie, et Algérie chérie. Dure réalité, à laquelle, Sellal, a été forcé de répondre. Fraichement limogé, pour laisser place à « une troisième roue » du fauteuil. Les masques tombent et la flagrance même d’un homme opportun est à découvert.  Aussi, la flagrance d’un homme qui se présentera, au détour d’une violation constitutionnelle pour déposer sa candidature au Conseil constitutionnel par procuration …

Alors, entre vacance du pouvoir ? Intérim ? ou Assistance ? De nombreuses interrogations, restent en vain, et pourtant existentielles pour le peuple Algérien, qui ne cesse de se demander, les suites non pas politiques, puisque celle-ci font office de « micmac » (doux euphémisme), mais sociétale. En effet, il suffit de parcourir les rues, pour croiser : l’homme qui vient de perdre son travail, ne cessant de se demander ce qu’il va offrir à sa famille dans les jours à venir. La mère, la sœur, ou encore la femme, de celui qui est parti en qualité de « haragga », meurtrie par l’inquiétude, le désarroi, et, ce jeune homme à peine âgé de la vingtaine, ne voyant plus d’avenir dans ce pays, qui ne cesse d’être rongé par le désir de prendre à son tour une barque. Et même si cette idée, aussi offusque soit-elle, n’en est pas la meilleure, il préfère subir un suicide maritime, que de se retrouver entre vos mains.

C’est en ce sens, que nous vous remercions pour cet éclaircissement : « le Président est malade, mais il a ses hommes » mais auquel, je me dois de vous répondre, en retour, que le pays entier est malade, mais il n’a personne.

Dans un tout autre registre, je m’autorise à poursuivre, en faisant état de cet empêchement du Président de la République. Un empêchement, qui aurait dû être délecté par le Conseil des sages, pour le bon fonctionnement de nos institutions. Ainsi, serions-nous capables, de demander à ce qu’il soit fait office de cette procédure dans les règles de l’art ? Ou, doit-on comprendre, que seuls les esprits habitués à la contorsion, auront l’audace de répondre à l’inutilité.

Nul doute que le Conseil Constitutionnel soit une institution efficace, à la sécurité juridique, et politique du pays, et à plus forte raison, lorsqu’il s’agit d’évaluer, l’efficience de notre Président, ou encore d’un candidat. Malheureusement, le Conseil constitutionnel, Haute Institution formée des « sages » semble aussi, favorablement à la frénésie du pouvoir présidentiel d’un candidat inapte à déposer lui-même un dépôt de candidature. Et pourtant, n’a-t-il pas fait état d’une première décision constitutionnelle du 20 décembre 1989, rappelant en ces termes, que le candidat dépose sa candidature au Conseil constitutionnel.

Un récépissé est délivré au candidat. Il est donc attesté, que le candidat se doit d’être présent. Quand bien même, il y’aurait un vide juridique sur ladite question, tout cela prouve une fois encore, l’aberrance d’une telle présentation aux élections présidentielles. Quel candidat, aurait manqué, cette opportunité, pour montrer sa détermination, et l’aptitude à répondre aux fonctions ? Aucun.

 

La Constitution, n’est pas une forme symbolique, servant à exalter les ferveurs d’un Etat démocratique. Elle habilite, droit et devoirs, que chacun se doit de respecter, pour un bon fonctionnement des institutions. Voyez-vous, entre « désacralisation » de la Constitution, principe de séparation des pouvoirs bafoués, et question sociétale sous-évaluer, la République Démocratique Algérienne, s’appert comme étant malade, déchue de toute confiance du peuple à son égard. Vous parlez d’un phénomène de « Haragga » qui plonge le pays depuis quelques années, dont vos propos n’en connaissent aucunement les raisons. Pourtant, savez-vous, Monsieur Sellal, que ce phénomène de « jeunes étouffés » comme vous dîtes, est une conséquence grave, d’un pays, d’une démocratie mais aussi, d’un Président malade ? Nous pouvons aussi parler de la connexion, qui depuis 24h, semble interrompue voire de faibles intensités. Pourtant, ni approche de Baccalauréat, ni autre cause n’est à prévoir, si ce n’est des manifestations contre un cinquième mandat du président actuel. Quelle loufoquerie !

Il se tarde d’un jour comme le 18 avril 2019, pour donner à l’Algérie, la chance de guérir, en prenant une tout autre tournure que celle dont vous rêvez

 

 Par Jihane BOUGUETAIA

LAISSER UN COMMENTAIRE