La rue a parlé. La présidence a entendu et Bouteflika a promis. Oui, il a promis beaucoup de changements. Et ces changements obéissent à un agenda précis que nous allons révéler à nos lecteurs et lectrices pour éviter leur éviter la désinformation et la manipulation. Oui, Abdelaziz Bouteflika ne terminera pas son mandat de 5 ans s’il est élu le 18 avril prochain. Mais c’est faux, il ne restera pas uniquement une année au pouvoir, comme le prétendent certaines rumeurs qui circulent massivement sur internet. 

Nous avons appris au cours de nos investigations que la Présidence de la République a tracé une feuille de route sur une période de 3 ans. Et les élections présidentielles anticipées dont parle la lettre d’Abdelaziz Bouteflika doivent être organisées d’ici avril 2021. Pourquoi ? D’abord, dés la fin des élections d’avril prochain, la Présidence procédera directement à des réformes politiques qui consisteront à mettre en place un nouveau gouvernement doté d’une nouvelle reconfiguration ministérielle. En effet, il est prévu dans les futurs changements la création de nouveaux ministères, de nouveaux départements ministériels. Certains ministères seront fusionnés à l’image de de l’Industrie et de l’Energie pour créer un grand ministère de l’Economie. Un autre grand ministère sera dédié aux équipements avec les transports, les travaux publics, les ressources en eaux ou l’habitat.

Il est prévu également de créer un ministère de la Défense totalement indépendant de l’Etat-Major de l’Armée. Et il sera confié à un civil pour incarner une révolution majeure dans les mœurs politiques en Algérie et soumettre ainsi le contrôle de l’armée et de ses dépenses au pouvoir civil.

L’objectif de ces remaniements institutionnels est d’insuffler une nouvelle gouvernance qui peut ramener de l’efficacité économique. Ce nouveau gouvernement et ses nouvelles institutions verront le jour au cours du mois de mai 2019, certifient nos sources proches de la Présidence. Au cours de l’été 2019, une commission préparatoire de la conférence nationale du changement sera officiellement lancée pour entamer les consultations nécessaires à l’établissement d’une nouvelle Constitution. Cette commission va travailler sans relâche pendant au moins 6 mois afin de rencontrer tous les acteurs de la société civile et de la scène politique algérienne. A la fin de l’année 2019, le chantier de la préparation du référendum populaire sur la nouvelle Constitution sera officiellement lancé. Ce référendum sera organisé au début de l’année prochaine, à savoir 2020. Probablement au printemps 2020.

Après l’adoption de la nouvelle Constitution par voie référendaire, la Présidence procède à la dissolution du Parlement et du Conseil de la Nation. De nouvelles élections législatives seront organisées au cours du semestre de 2020 et un nouveau Parlement doté de nouveaux pouvoirs et d’une véritable indépendance sera mis en place. De nouveaux changements seront, par la suite, opérés au sein du gouvernement pour refléter les résultats des élections législatives.

Et c’est uniquement à la fin de ce nouveau processus que le chantier des élections présidentielles anticipées sera lancé. Il ne pourra pas intervenir avant début 2021 et ce scrutin anticipé doit être organisé au mois d’avril 2021. C’est à ce moment que le Président Abdelaziz Bouteflika transmettra le flambeau à un nouveau dirigeant qui sera le visage de cette nouvelle Algérie post-Bouteflika. Mais pour ce faire, il faudra attendre encore 3 années. Les Algériens seront-ils patients ? Cette feuille de route va-t-elles les convaincre ? Accepteront-ils de réélire encore une fois Bouteflika pour opérer tous ces changements ? On le saura dans les jours à venir…

 

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