Depuis ce dimanche matin, tous les Algériens essaient de comprendre ce que dit réellement la loi dans leur pays à propos d’une question juridique qui peut déterminer l’avenir de l’Algérie : la présence physique de Bouteflika est-elle obligatoire ou non lors de la remise du dossier de candidature aux élections présidentielles ?

Les détracteurs du 5e mandat s’appuient sur un récent communiqué du Conseil Constitutionnel pour répondre à cette question. En effet, dans l’un des communiqués de cette institution qui doit traiter et valider les candidatures au scrutin présidentiel du 18 avril prochain, il est clairement mentionné que le dossier de candidature doit être déposé par le candidat auprès du secrétaire général du Conseil Constitutionnel.

 

Ceci dit, dans le camp du 5e mandat, on s’appuie sur un autre argumentaire : la loi électorale qui ne fait aucunement mention de l’obligation d’une présence physique du candidat pour le dépôt du dossier de candidature aux élections présidentielles. En effet, l’article 139 de la loi organique n° 16-10 du 22 Dhou El Kaâda 1437 correspondant au 25 août 2016 relative au régime électoral stipule seulement que : « la déclaration de candidature à la Présidence de la République résulte du dépôt d’une demande d’enregistrement auprès du Conseil constitutionnel contre remise d’un récépissé ».

L’article 140 de la même loi stipule que la déclaration de candidature est déposée, au plus tard, dans les quarante-cinq (45) jours qui suivent la publication du décret présidentiel portant convocation du corps électoral. Et l’article 141 précise que le Conseil constitutionnel statue sur la validité des candidatures à la Présidence de la République par décision, dans un délai de dix (10) jours francs, à compter de la date de dépôt de la déclaration de
candidature.

Ainsi, rien, absolument rien n’oblige un candidat aux élections présidentielles en Algérie de se présenter physiquement au Conseil Constitutionnel pour déposer son dossier de candidature. La loi électorale en Algérie entretient, en tout cas, un intriguant vide juridique à ce propos. Et c’est ce vide juridique que comptent exploiter les partisans du 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika.

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