La Présidence de la République vient de répondre officiellement aux manifestants qui disent haut et fort non au 5e mandat brigué par Abdelaziz Bouteflika. La réponse est claire et précise : le 5e mandat est maintenu et Abdelaziz Bouteflika sera bel et bien candidat aux élections présidentielles du 18 avril prochain. 

Son dossier de candidature a été déposé dimanche soir au niveau du Conseil constitutionnel par son directeur de campagne électorale, Abdelghani Zaâlane. Contrairement à 2014, Abdelaziz Bouteflika ne s’est même pas montré devant les caméras des télévisions. Il n’a même pas fait le déplacement au Conseil Constitutionnel. On se dirige donc tout droit vers une campagne électorale sans images, sans paroles, sans contact avec les Algériens. Une situation inédite dans le monde entier. Un véritable passage en force qui risque d’alimenter la colère des Algériens et de renforcer cette colère populaire qui secoue toute l’Algérie.

Ce dimanche 3 mars fut, d’ailleurs, une journée très tendue avec des manifestations organisées dans les wilayas les plus importantes du pays. Qu’en sera-t-il des jours à venir notamment du vendredi 08 mars qui promet encore une nouvelle fois une immense mobilisation populaire dans les rues ?

Des manifestations qui peuvent dégénérer au regard de ces sentiments de frustrations engendrées par l’impasse actuelle du pays. Des manifestations qui risquent d’être détournées par des officines, des clans ou des lobbys malveillants qui voudront profiter de cette colère généralisée pour s’en prendre aux intérêts de leurs ennemis. Certes, dans sa lettre, Abdelaziz Bouteflika a promis des réformes urgentes, un référendum pour une nouvelle constitution et s’est engagé à organiser des élections présidentielles anticipées pour expliquer qu’il ne restera plus jamais au pouvoir encore 5 années. Et ça sera son dernier mandat.

Mais ces promesses suffiront-elles pour calmer la rue ? Non, loin s’en faut. Les Algériens ont reçu trop de lettres ces dernières années. Énormément de promesses et beaucoup de déceptions. Cette fois-ci, les Algériens veulent du changement et maintenant. La Présidence aurait pu au moins sacrifier le « gouvernement », limoger des ministres impopulaires, traduire en justice des oligarques corrompus, etc.

Des sources nous promettent des actions similaires dans les jours à venir. Encore des promesses au moment où l’Algérie retient son souffre et l’explosion de colère pourrait nous mener vers l’inconnu…

 

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