Des consultations importantes ont commencé depuis ce samedi matin au niveau du Palais Présidentiel d’El-Mouradia pour établir une feuille de route qui permettra la nomination dans les jours à venir d’un « gouvernement de transition » qui se chargera de diriger l’Algérie dans ce contexte si brûlant marqué par d’importantes manifestations populaires dans les rues contre le 5e mandat brigué par Abdelaziz Bouteflika. 

Selon nos sources, ces consultations ont commencé depuis ce samedi matin dans un cercle très restreint de conseillers et décideurs influents et ces consultations ont évoqué des changements radicaux qu’il faut apporter et mettre en place le plus rapidement pour ramener le calme et redonner confiance aux Algériens. Ces changements passent par le limogeage de la majorité écrasante de la composante de l’actuelle équipe gouvernementale dirigée par Ahmed Ouyahia. Mais pour ce faire, une liste de nouveaux ministres est en train d’être élaborée, assurent nos sources.

La Présidence étudie, ainsi,  la possibilité de remplacer Ahmed Ouyahia, Tayeb Louh, Nouria Benghabrit, Tahar Hadjar, Mustapha Guitouni et d’autres encore. Les secteurs qui seront concernés par les changements ont été classés et déterminés : la santé, la justice, l’éducation nationale, l’énergie, la culture et les travaux publics. Nos sources soulignent, par ailleurs, que la Présidence réfléchit à nommer des personnalités totalement nouvelles pour « prouver sa bonne foi ». Ainsi, un syndicaliste est proposé pour prendre le règne du ministère de l’Education nationale et des managers peuvent être approchés pour prendre des portefeuilles économiques. Le nom de Lakhdar Rekhroukh, le PDG de Consider, une importante entreprise publique, figure ainsi sur la liste des cadres qui peuvent faire leur entrée dans ce nouveau gouvernement appelé à « gérer une délicate période de transition » en attendant la mise en place de profondes réformes politiques qui permettront de prendre en considération les revendications des manifestants algériens.

Mais qui dirigera ce nouveau gouvernement ? Pour l’heure, les consultations et discussions tournent autour de deux noms : Ramtane Lamamra ou Abdelmajid Tebboune, l’ex-Premier ministre qui avait tenté d’introduire des changements dans le pays en dépit de l’opposition de plusieurs puissants lobbys comme les oligarques.

Reste à savoir enfin si cette de feuille de route sera réellement concrétisée dans les jours à venir car « ce n’est pas dans les habitudes de ce régime de céder à la rue », note en dernier lieu un observateur bien introduit au sein du sérail.

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