C’est un précieux éclairage que vient de publier le chercheur  Tahir Kilavuz sur le prestigieux quotidien américain le Washington Post. Spécialiste de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à l’University of Notre Dame, une université catholique américaine située à South Bend en Indiana, Tahir Kilavuz a expliqué dans sa tribune que  les dirigeants algériens « n’ont pas vu venir cette réaction colère populaire ». 

Néamoins, l’académicien américain considère que l’option du 5e mandat est la plus sûre pour l’avenir du pays au regard des divisions internes qui minent le régime algérien. Le 5e mandat peut permettre à l’Algérie de dépasser une période d’instabilité chronique car le pays ne semble pas prêt d’assister à la désignation d’un autre candidat à la succession qui pourrait durablement et dangereusement diviser le système.

 

Tahir Kilavuz a relevé, par ailleurs, que ces manifestations populaires contre le régime et le 5e mandat « sont le résultat des actions du régime ». « Le pouvoir voulait garder l’unité interne et avait de bonnes raisons de le faire. En 1988, des divisions croissantes entre les camps rivaux du régime avaient ouvert une boîte de Pandore menant à des manifestations de masse, puis à un processus de démocratisation tumultueux, suivi d’un coup d’Etat et d’une guerre civile qui a duré dix ans », a indiqué  Tahir Kilavuz.

Le chercheur américain a beaucoup insisté dans son analyse sur une importante nuance : les manifestants axent leur colère contre le 5e mandat mais ne réclament pas forcément de manière claire la chute de tout le régime. En clair, les Algériens veulent davantage passer à l’après-Bouteflika que de faire tomber tout le régime politique de leur pays. « Ils s’opposent principalement à un Président dont la santé le rend inapte à rempiler pour un cinquième mandat », assure ce chercheur.

Tahir Kilavuz estimera enfin que « les manifestations vont probablement compliquer la prochaine élection présidentielle ». Mais « leur issue dépendra largement de la réaction du régime », a-t-il affirmé en dernier lieu.

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