Reporters sans frontières condamne fermement l’intervention brutale des forces de l’ordre algériennes lors de la manifestation des journalistes réclamant leur droit à couvrir librement l’actualité politique de leur pays.

Près d’une centaine de journalistes algériens, de la presse écrite, électronique et de l’audiovisuel, représentants les médias  publics et privés, se sont rassemblés ce 28 février « Place de la liberté de la presse » pour un sit-in contre la “censure” afin de dénoncer les pressions subies par la profession, suite aux restrictions imposées, selon eux, par leur hiérarchie de la couverture du mouvement de contestation contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un 5ème mandat présidentiel.

Les forces de l’ordre présentes en masse ont très vite eu recours à la violence. Au moins 15 journalistes, dont des correspondants étrangers, ont été arrêtés et retenus pendant plusieurs heures dans trois commissariats de la capitale, Zeralda,  Cavaignac et Dar el Beida, avant d’être relâchés en fin d’après midi.

Selon nos informations, le journaliste Adlène Mellah, a par ailleurs été arrêté dans le centre ville d’Alger vers 17h devant la poste centrale. Aucune information n’a filtré sur les raisons exactes de l’arrestation du directeur des sites d’information en ligne Algérie Direct et Dzair PresseCondamné à six mois de prison avec sursis pour attroupement illégal,  le journaliste n’avait retrouvé la liberté que le 23 janvier dernier.

Réprimer des journalistes qui ne font que réclamer leur droit à couvrir l’actualité politique de leur pays est inacceptable, déclare Souhaieb Khayati directeur du bureau Afrique du Nord de RSF. Reporters sans frontières condamne fermement toute violence contre les acteurs de l’information algériens et demande la libération immédiate du journaliste Adlène Mellah.

L’Algérie est à la 136e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la Presse 2018 de RSF.

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