C’était aujourd’hui 26 Février que la Juge Vanessa Baraister devait statuer sur la demande d’extradition de l’homme d’affaires Alexandre Djouhri vers la France, afin d’y être interrogé dans le cadre de l’enquête sur le financement présumé par la Libye de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Le ciel était dégagé ce matin sur le quartier de Westminster à Londres. C’est à 9h39 précisément qu’arrive Alexandre Djouhri au niveau du tribunal de Westminster Magistrates Court.

Très accessible et parfaitement serein, notre envoyé spécial à Londres a aisément pu échanger avec le Franco-algérien au milieu de journalistes de l’AFP et d’envoyés spéciaux de rédactions anglaises et étrangères.


Arrivée de Mr Djouhri 
au tribunal de Westminster

Quand le journaliste d’Algeriepart a demandé à Djouhri d’expliquer pourquoi la justice française tenait tellement à son extradition et pourquoi un tel ‘’acharnement’’ selon lui, la réponse était cinglante :  »C’est politique ! C’est évident. Je n’ai pas fui, je suis résident en Suisse où je m’acquitte de mes impôts, mais ils ont monté un traquenard pour m’arrêter ici.’’

Souriant et disponible, Mr Alexandre comme aiment l’appeler certains affichait une détermination sans faille. A la question de notre collègue dépêché sur place de savoir s’il était serein, il a répondu :  »Complétement serein, je n’ai absolument rien à me reprocher et je continuerai à me battre quelque soit l’issue du verdict.’’

Arrivé depuis peu dans la salle du tribunal, la sentence tombe après à peine quelques minutes :  »…J’ai rendu une décision contre vous… j’ordonne votre extradition vers la France.’’ Déclare la Juge.

Dans les faits, la magistrate a déclaré qu’elle n’avait pas trouvé de preuves suffisantes que la justice française avait abusé de la loi pour porter un quelconque préjudice à Djouhri. Elle va même encore plus loin, puisqu’elle laisse entendre que Djouhri tenterait d’échapper à la justice française…

Le Franco-algérien de 60 ans avait orienté toute sa défense sur ce qui lui semble constituer des irrégularités commises par le Parquet National Financier, dans la procédure de son interpellation ayant abouti à son arrestation en Janvier 2018 à l’aéroport d’Heathrow en provenance de Genève.

A sa sortie du tribunal, Djouhri annonce de manière imperturbable aux journalistes présents :  »Je m’y attendais ! c’est mécanique !’’ Alors que les avocats de l’homme d’affaire avaient déposé immédiatement un recours contre la décision de la juge Baraister, Djouhri, projeté déjà dans la bataille à venir, a déclaré avec la même sérénité affichée à son arrivée au tribunal :  »au moins on pourra développer nos arguments devant la High Court.  »

Cela prendra vraisemblablement de longs mois. Fin du premier acte.

 

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