Le cri de colère des Algériennes et  Algériens s’est fait entendre sur l’ensemble du territoire national et a eu un retentissement au delà des frontières.

Dans un élan unitaire, sans violence, le peuple, en particulier la jeunesse, dans un sursaut historique de dignité, a administré une grande leçon de civisme qui réhausse l’image d’une Algérie  humiliée et abaissé par un pouvoir sclérosé et bunkerisé. L’insurrection morale et civique en cours dans le pays redonne l’espoir de voir se reconstruire enfin notre pays, son Etat et ses institutions, sur des bases politiques démocratiques.
Au delà d’un insensé cinquième mandat, c’est une volonté irrésistible qui s’exprime en faveur d’un changement radical du système en place depuis l’indépendance. Aujourd’hui s’obstiner à maintenir contre vent et marées un simulacre d’élection relèverait du suicide politique.
La bon sens exige d’engager sans attendre un processus politique constituant pour l’avènement d’une nouvelle République. L’Armée, partie prenante à travers son Etat-major,  d’un système mortifère est placée devant ses responsabilités historiques.
Elle  doit prendre la mesure du mécontentement populaire et en saisir la la signification et la portée politiques en acceptant de lever la tutelle politique qu’elle exerce sur le pays. Tenter de se limiter, le cas échéant,  à invalider la candidature de Bouteflika pour espérer contenir la révolte populaire constiturait une autre fuite en avant.
L’Algérie  a besoin d’une Armée moderne et forte, imprégnée  de valeurs républicaines, et non d’une caste de vieux généraux nourris de vieux réflexes putchistes hérités de l’armée des frontières.
Un vrai dialogue doit s’engager en urgence avec l’ensemble des acteurs politiques crédibles et autonomes pour dégager les voies et moyens pour la contruction d’un vrai consensus national qui réhabilite LA politique et consacre enfin la primauté DU politique.
Il n’est pas permis, aujourd’hui plus qu’hier, de rater cette nouvelle chance historique qui s’offre à nous de sortir définitivement notre pays de cette impasse intégrale.
Par Samir Bouakouir, Ancien porte-parole du FFS.

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