En Algérie, le fossé ne se creuse pas uniquement entre le pouvoir politique et les citoyens. Même entre les médias et les citoyens, la méfiance s’installe. Une méfiance qui se transforme petit à petit en défiance car de nombreux Algériens sont mécontents du traitement médiatique réservé aux manifestations et rassemblements contre le 5e mandat qui ont commencé depuis quelques jours à travers plusieurs wilayas du pays.  

Ce vendredi 22 février, des manifestants ont interpellé ouvertement les journalistes notamment les équipes des chaînes de télévision privées comme Echorouk TV ou la controversée Ennahar TV. Les manifestants ont sévèrement critiqué ces télévisions pour leur silence intriguant face à ces manifestations de la colère populaire qui parcourt toute l’Algérie. Depuis plus d’une semaine, des centaines d’Algériens se rassemblent pour dire non au 5e mandat. Mais les plus grosses et influentes télévisions privées observent une attitude empreinte d’indifférence.

Et les manifestants considèrent ce comportement comme un « silence complice ». Une duplicité des médias avec le pouvoir politique. Il faut dire que jusqu’à cette journée de vendredi, les télévisions privées algériens ont fait le choix d’ignorer ces manifestations qui ont bouleversé toute l’Algérie. Il aura fallu attendre vers la fin de la journée pour que les Ennahar TV, El-Bilad TV ou Echorouk News TV commencent à diffuser des contenus sur ces marches qui ont drainé des milliers d’Algériens. Des contenus accompagnés par quelques éléments de langage souffrant de signification à peine sous-entendue avec un regard superficiel sur ces manifestations qui engagent, pourtant, l’avenir du pays. Soulignons enfin que pour l’heure, seules Al-Magharibia TV et Amel TV ont diffusé régulièrement des images des manifestations contre le 5e mandat depuis leur avènement la semaine passée à l’intérieur du pays. Ces deux chaînes de télévision sont, malheureusement, installées à l’étranger.

LAISSER UN COMMENTAIRE