L’Algérien, un être violent, dangereux et qui ne sait pas réclamer ses droits pacifiquement lorsqu’il sort dans les rues. Ce préjugé qui stigmatise depuis de longues années les Algériens est finalement nul et non avenu ». Les récentes manifestations organisées à travers le pays le démontrent aisément. 

De Tichy en passant par Kherrata à Béjaïa jusqu’à Khenchela, Annaba ou Guelma, les rassemblements anti-5e mandat n’ont donné lieu à aucun débordement majeur. Aucun affrontement n’a été déploré également et les services de sécurité n’ont pas eu besoin d’intervenir de manière musclée pour préserver l’ordre public. Cette nouvelle réalité politique nous change de celles des émeutes violentes et routes barrées par des pneus brûlés. Les Algériens se réapproprient leur espace public avec civisme. C’est certainement un acquis sur lequel il faut capitaliser pour construire l’avenir de l’Algérie et trouver les alternatives nécessaires au statu-quo. Cependant, un défi attend les Algériens : préserver cet acquis et conserver la même attitude citoyenne dans les prochaines manifestations qui risquent d’éclater à travers le pays.

C’est un défi majeur car il implique un grand sens de la responsabilité. Il est vital d’empêcher des énergumènes de salir ce mouvement spontané qui est né dans les rues. Il est indispensable également de ne pas opposer la lutte pour la démocratie à l’importance de préserver l’ordre public et les équipements d’utilité publique. C’est, sans doute, pour cette raison qu’il faut identifier les auteurs qui lancent des appels à manifester demain 22 février après la prière de vendredi. Toute tentative de récupération politique par des cercles occultes risquent de replonger la contestation citoyenne dans la violence la plus dangereuse. La vigilance est de mise.

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