C’est une véritable affaire d’Etat. 7 anciens hauts responsables de la DGSN, la police algérienne, comparaîtront le 25 février prochain devant les magistrats du tribunal criminel de Mostaganem pour des faits graves et des accusations gravissimes. 

Ces 7 anciens commissaires divisionnaires ou chefs de sûreté de wilayas sont sous contrôle judiciaire depuis bientôt 3 ans. Et les dessous de cette affaire sont totalement troublants. Le principal accusé est Belouar Rachid, commissaire divisionnaire, ex-responsable des unités républicaines de sécurité et d’intervention, les fameuses brigades d’El-Hamiz à Alger qui interviennent lors des émeutes les plus dangereuses et les immenses mouvements de foule. Fin 2014, suite à l’inédit mouvement de contestation dans la rue des policiers algériens, ce haut responsable de la DGSN est mis à la retraite, à l’âge de 55 ans, dans des conditions intrigantes qui ont suscité une énorme polémique au sein des rangs de la police algérienne.

Mais plus tard, en 2015, cet ex-commissaire divisionnaire a été placé sous mandat de dépôt pendant près de 8 mois. Belouar Rachid a été accusé officiellement de participer « en connaissance de cause à une entreprise de démoralisation de l’armée ayant pour objet de nuire à la défense nationale ». Pis encore, cet ex-commissaire divisionnaire est soupçonné d’avoir divulgué un « renseignement, objet, document ou procédé qui doit
être tenu secret dans l’intérêt de la défense nationale ou dont la connaissance pourrait conduire à la découverte d’un secret de la défense nationale ». Des chefs d’inculpation hautement dangereux qui peuvent lui valoir jusqu’à 10 ans de prison ferme.

Mais ses proches et anciens collègues ont dénoncé une véritable cabale judiciaire qui obéit à un agenda politique. Belouar Rachid a été mis à la retraite et en prison parce qu’il s’est rebellé contre « l’incompétence de sa hiérarchie ». Et les représailles n’ont pas tardé. C’est du moins ce que ses proches et amis assurent à Algérie Part. Placé sous contrôle judiciaire, l’ex-commissaire divisionnaire doit affronter ainsi les juges du tribunal criminel de Mostaganem dans un climat très tendu car cette affaire dissimule visiblement des enjeux politiques inavoués. Au printemps 2014, c’est cet ex-commissaire divisionnaire qui a adressé un rapport accablant sur l’état du moral des policiers déployés dans la région du M’zab pour faire face aux affrontements inter-communautaires. Ce rapport aurait déplu à plusieurs hauts responsables de nos services de sécurité. Belouar Rachid a connu une véritable descente en fer à la suite de ce rapport qui liste les conditions difficiles dans lesquelles évoluent les policiers algériens dans un véritable « contexte de guerre ».

Quelques mois plus tard, l’ex-responsable des unités républicaines de sécurité et d’intervention d’El-Hamiz s’est retrouvé au coeur d’un scandale de déstabilisation de la sécurité nationale ! Étrange coïncidence ? 6 autres anciens officiers et commissaires de la DGSN sont cités également dans ce scandale. Il s’agit de l’ex-chef de sûreté de la wilaya de Sidi Bel-Abbès, Abdelkader Fergueg, l’ex-chef des Renseignements Généraux (RG) de Mostaganem, Belabdi Abdellah, l’adjoint du chef de sûreté de wilaya de Relizane, Djami Mohamed, le commissaire divisionnaire Dahmani Bachir, l’ex-chef de sûreté de wilaya à Adrar, le commissaire divisionnaire Belahouel Messaad, ex-chef de sûreté de wilaya de Saïda ainsi qu’un commissaire principal qui était l’adjoint du chef de sûreté de wilaya de Mostaganem.

Tous ces anciens responsables de la police devront se présenter au tribunal criminel de Mostaganem le 25 février prochain dans un procès inédit qui promet de nombreuses révélations sur le fonctionnement de nos services de sécurité. Algérie Part reviendra prochainement sur ce scandale avec de nouvelles révélations.

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