Après le limogeage du colonel Mustapha Lahbhir de la DGSN, la Présidence de la République est en train de préparer un nouveau projet qui devra revoir l’ensemble du fonctionnement et de l’organisation des services de sécurité, a-t-on appris auprès de plusieurs sources sûres. Selon nos sources, ce projet consiste à rédiger une loi qui organise le rattachement de la gendarmerie nationale à la présidence de la République ou le ministère de l’Intérieur. 

Le Palais d’El-Mouradia veut, en clair, que la gendarmerie nationale ne fasse plus partie du ministère de la Défense nationale. L’objectif est de mettre en place un processus de rapprochement entre la police et la gendarmerie.  La Présidence s’inspire de l’exemple français où la gendarmerie a été rattachée au ministère de l’intérieur depuis 2008. Toutefois, comme en France, les gendarmes algériens vont conserver leur statut militaire.

L’idée est donc de travailler sur le placement à partir d’avril 2019, à savoir la fin des élections présidentielles, sur le placement « organique » de la gendarmerie sous l’autorité du ministre de l’Intérieur ou du cabinet de la Présidence de la République comme c’est le cas pour les services secrets, l’ex-DRS et dont le patron, le général-major Bachir Tartag, est nommé ministre conseiller du président chargé des Affaires de sécurité depuis janvier 2016.

Cependant, le statut militaire des gendarmes ne sera pas remis en cause. Jusqu’alors, dépendant de la Défense, la gendarmerie nationale devra s’adapter à cette métamorphose.  Il faut savoir que la gestion actuelle de la gendarmerie algérienne suscite une vive polémique notamment depuis l’arrivée du général de Ghali Belkecir à la tête du commandement de ce corps sécuritaire très sensible. Les dérapages ont été nombreux notamment lors des arrestations arbitraires et illégales des journalistes et artistes au mois d’octobre 2018. Au sein de la gendarmerie nationale, les fausses notes de Ghali Belkecir  ont causé un énorme malaise et plusieurs officiers exigent du changement pour que leur institution puisse retrouver sa crédibilité d’antan. Le projet sur lequel travaille en ce moment la Présidence de la République pourrait enfin apporter ce changement tant espéré par les officiers de la gendarmerie algérienne.

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