Les appels contre le 5e mandat commencent à apparaître sur les réseaux sociaux à la suite de l’annonce officielle de candidature d’Abdelaziz Bouteflika. Le scénariste et metteur en scène Ahmed Rezzak vient de partager sur sa page Facebook un appel pour organiser des rassemblements et une marche à Alger le 24 février prochain qui coïncide avec l’anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures. 

Ahmed Rezzak est, pour l’heure, la première personnalité publique qui a osé lancer un tel appel pour contester le 5e mandat. Mais force est de constater que cette proposition ne s’est pas propagée comme une traînée de poudre. Certes, beaucoup d’internautes et de facebookers  expriment leur rejet du 5e mandat, mais sur le terrain, concrètement, aucune action de mobilisation ne semble se dessiner. Même le mouvement Mouwatana qui avait commencé à militer dans les rues contre le projet d 5e mandat est aujourd’hui divisé et son existence plus que jamais compromise puisque quelques membres de ce mouvement, à l’image de Zoubida Assoul, ont décidé de soutenir officiellement Ali Ghediri, le général candidat et adversaire d’Abdelaziz Bouteflika.

Contrairement à 2014 où le mouvement Barakat avait cristallisé la colère populaire contre le 4e mandat, en 2019 la situation semble plutôt calme. Du moins pour le moment puisque aucune action contestataire n’arrive à émerger même si quelques pages Facebook commencent à diffuser des contenus très hostiles au 5e mandat en appelant publiquement à l’organisation de marches ou de manifestations publiques.

Des images de quelques dizaines de jeunes personnes manifestant contre le 5e mandat ont été diffusées massivement sur les réseaux sociaux. Ces images donnent l’impression qu’un vent contestataire commence à souffler sur la rue algérienne. Or, jusqu’à cette heure-ci, aucun élément factuel ne permet d’évaluer sérieusement l’ampleur et le bien-fondé de ces rassemblements nocturnes tenus spontanément à Alger et Béjaïa. Pis encore, à Béjaïa par exemple, des sources locales ont assuré à Algérie Part que les images circulant sur Facebook datent de 2016 et n’ont strictement aucune relation avec les événements actuels de notre pays. Il s’agit donc d’une campagne de Fake News. A Alger, nous n’avons pas pu encore confirmer la véracité de ces images qui font le buzz sur les réseaux sociaux.

Le 5e mandat va-t-il donc passer comme une lettre à la poste ?

 

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