C’est un mini coup de théâtre qui vient de se produire sur la scène politique algérienne. L’annonce officielle de candidature d’Abdelaziz Bouteflika était attendue vers la fin du mois de février 2019. A la surprise générale, ce dimanche 10 février, l’APS, l’agence gouvernementale, a diffusé le message de candidature de Bouteflika. Que s’est-il donc passé ? Pourquoi avoir choisi cette date du 10 février pour donner le coup d’envoi officiel de la campagne pour le 5e mandat ?

Selon nos informations, le cercle présidentiel et l’entourage d’Abdelaziz Bouteflika ont préféré mettre fin au suspense et lever définitivement le flou qui obscurcissait le sommet du pouvoir en Algérie. L’opinion publique algérienne a été bombardée par les spéculation et les rumeurs les plus affolantes. Il était donc temps de réagir pour en finir avec ces incertitudes dangereuses. Le cercle présidentiel a donc sauté le pas pour confirmer officiellement l’option du 5e mandat et lancer la campagne électorale qui doit fournir des réponses aux attaques de plus en plus virulentes des opposants de la « continuité » du règne de Bouteflika.

Par ailleurs, nous avons appris auprès de plusieurs sources que la lettre de candidature d’Abdelaziz Bouteflika était prête depuis le week-end dernier. Elle devait être révélée au grand public lors du meeting organisé par le FLN hier samedi à la Coupole du 5e juillet. C’est le secrétaire général de la Présidence de la République, Habba El Okbi, qui était chargé de lire cette lettre au nom d’Abdelaziz Bouteflika.

Cependant, Abdelmalek Sellal, le directeur de campagne d’Abdelaziz Bouteflika, qui a préconisé de reporter l’annonce de candidature pour le 5e mandat jusqu’à aujourd’hui dimanche. Aux yeux de Sella, Abdelaziz Bouteflika n’est pas uniquement le candidat du FLN. Mais le candidat de toute l’alliance présidentielle et d’un ensemble de plusieurs autres partis et formations politiques. Il ne fallait donc pas que l’annonce de candidature soit récupérée uniquement par le FLN.

D’après nos sources, Sellal voulait ainsi marquer son « territoire » et imposer son agenda pour défendre sa stature de directeur de campagne qui transcende les clivages politiques et partisans pour « servir uniquement la cause d’Abdelaziz Bouteflika et du 5e mandat ». Il s’agit donc de toute une stratégie de communication qui vise à ressouder les rangs autour d’un seul et unique objectif : réussir la campagne du 5e mandat sans commettre le moindre impair qui profitera, plus tard, à l’opposition.

 

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