Monsieur Youcef Goucem, producteur, réalisateur, citoyen algérien, père de famille et grand-père, s’est immolé au siège de la chaîne Dzaïr TV après des mois de lutte pour récupérer son dû et pouvoir enfin payer son équipe et s’acquitter de ses dettes.  Jeudi 24 janvier, nous avons appris son décès à l’hôpital de Douira, suite à ses brûlures.
Youcef Goucem aura choisi d’affronter le feu plutôt que de continuer à vivre l’enfer. « J’espère que mon geste ne sera pas vain !», furent ses dernières paroles adressées à ses pairs. L’enfer auquel il choisit de mettre un terme, fut l’injustice, l’ingratitude, le mépris de l’effort créatif et l’impunité face aux abus condescendants. Cet enfer est notre quotidien à tous, et ce depuis des années.
Notre confrère s’est brûlé pour rendre visible à des yeux aveugles : l’irresponsabilité et le chaos, qui ont fini par gangréner le milieu audiovisuel. Son geste sacrificiel est un signal d’alarme, un SOS que nul ne peut prétendre ignorer!
Nous, citoyens, artistes, techniciennes et techniciens, réalisatrices et réalisateurs, scénaristes,  productrices et producteurs, saisissons l’urgence et la gravité de la situation, pour lancer un appel à la mobilisation, à l’implication et à l’engagement de tous les métiers du cinéma et de l’audiovisuel, afin de prendre en charge l’assainissement de nos propres conditions de travail.
Aussi, et dans l’attente que justice soit rendue à la famille du défunt Youcef Goucem, nous voulons être pris en considération dans les décisions qui concernent le présent et l’avenir de l’audiovisuel. En somme, nous demandons à être entendus, pour que naisse enfin un dialogue constructif avec les autorités en charge de notre secteur, dans une dynamique de concertation et de discussion favorables à sa remise à niveau. A cet effet, il nous appartient à tous de nous mettre au travail!
Par conséquent, nous invitons, le Ministère de la communication et le Ministère de la culture à exercer le rôle de tutelle qui est le leur, à assumer leurs responsabilités entières et à être les régulateurs impartiaux, garantissant ordre éthique et déontologie dans leurs secteurs respectifs, notamment :
– Par la régulation et/ou la mise aux normes des contrats régissant l’acquisition des contenus audiovisuels et leur diffusion,
– par la régulation du développement anarchique du marché publicitaire national au profit des chaînes de télévisions privées,
– par un contrôle actif des pratiques commerciales, visant à empêcher toute tentative d’abus et de position dominante, de la part des diffuseurs, vis à vis des producteurs pourvoyeurs de contenus audiovisuels,
– par le renforcement des prérogatives des institutions de contrôle et de régulation, leur permettant l’accomplissement effectif des missions qui leur sont attribuées dans le cadre de la loi, et aussi par l’octroi d’un pouvoir de sanctions efficace contre toutes pratiques déloyales.
Les pouvoirs publics ne peuvent plus continuellement faire aveu d’impuissance, opposant à notre inquiétude croissante, leur incapacité d’action, tenant au fait que les chaînes de télévisions privées « ne sont pas de droit algérien ». Cet argument massue n’est plus recevable, tant qu’elles émettent à partir et sur le territoire national.
Comment pouvons-nous admettre que ces télévisions ne soient pas soumises au respect des lois de notre pays ? Qu’elles ne soient soumises à un cahier des charges, les mettant en adéquation avec les réglementations en vigueur ?
Si ce paradoxe mortifère tend à perdurer, comment voulez-vous que nous, travailleurs de la culture fassions valoir nos droits ? Qui est en mesure de protéger les prestataires et les téléspectateurs algériens des innombrables dérives perpétrées à leur encontre ?
Aujourd’hui, nous, professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, sommes prêts à nous investir et à nous battre pour reconstruire l’édifice qui régit notre profession, à œuvrer de concert avec toutes les forces vives et citoyennes de notre pays au service de la culture et à semer des graines de vie et d’espoir dans le champ créatif que nous offrons au public algérien.
Et vous, êtes-vous prêts ?
Premiers signataires :
1. COLLECTIF POUR UN RENOUVEAU ALGERIEN DU CINEMA (CRAC) // [email protected] //
2. Adila Bendimered, actrice et productrice
3. Amina Bedjaoui Haddad, productrice
4. Hakim Abdelfettah, assistant réalisateur
5. Yasmine Chouikh, réalisatrice
6. Damien Ounouri, réalisateur producteur
7. Sofia Djama, réalisatrice
8. Karima Chouikh, productrice
9. Catherine Belkhodja, actrice, productrice, réalisatrice
10. Idir Benaïbouche, comédien
11. Said Mehdaoui, producteur réalisateur
12. Nadia Meflah, auteure, consultante cinéma
13. Nasredine Guenifi, réalisateur
14. Amina Salem Castaing, productrice
15. Karim Bengana, producteur
16. Drifa Mezenner, réalisatrice
17. Walid Sahraoui, réalisateur
18. Halim Rahmouni, scénographe
19. Samir llhakim, acteur comédien
20. Alhadi Bouabdallah, producteur
21. Saïd Guenifi, chef opérateur son
22. Mohamed Elkeurti, ciné-club Mascara
23. Marie Laurence Attias, productrice
24. Leila Touchi, comédienne
25. Djillali Biskri, réalisateur producteur
26. Hamoudi Laggoune, chef opérateur
27. Ahmed Daham, comédien
28. Sarah Gherbi, comédienne
29. Mourad Oudjit, comédien
30. Ahmed Zitouni, acteur
31. Tarik Bouarrara, comédien
32. Yasmina Soltani, comédienne
33. Lazhari Labter, écrivain
34. Smaïl Soufit, scénariste et script doctor
35. Mohamed Bounoughaz, comédien
36. Anya Louanchi, comédienne
37. Youcef Benallegue, chef opérateur
38. Lamri Kaouane, comédien, dramaturge et scénariste
39. Amine Kabbes, assistant-réalisateur
40. Slimane Benouari, acteur
41. Zaki Diguer, régisseur
42. Farid Kacemi, régisseur
43. Malika Belbey, actrice
44. Lyna Khoudri, actrice
45. Meryem Medjkane, actrice
46. Djaafar Gacem, réalisateur producteur
47. Mina Lachter, actrice
48. Amine Khelfat, réalisateur et journaliste
49. Hamida Aitelhadj, dramaturge et metteur en scène
50. Waheed Nehad, comédien
51. Imen Noel, actrice
52. Louisa Beskri, réalisatrice
53. Rabea Soltani, actrice
54. Youcef Rezzoug, journaliste
55. Mohamed Ali Allalou, artiste
56. Abdelkader Mentefa, retraité
57. Chami Mohammed Elhabib, retraite
58. Meliani Ahmed, enseignant à la retraite
59. El Hadi Bouabdallah, producteur
60. Bougdal Kamel, journaliste
61. Nazim Halladja, comédien
62. Raouf Benia Réalisateur
63. Mohamed Ali Chicha, comédien
64. Khaled Habib El Kebich, réalisateur et compositeur
65. Salima Abada, comédienne
66. Amel Zen, chanteuse musicienne et auteure-compositrice
67. Rida Belghiat, comédien réalisateur
68. Rachid Benhadj, réalisateur producteur
69. Sarah El Hamed, arts manager et artiste performeuse
70. Mohamed Hank, réalisateur producteur
71. Omar Fetmouche, auteur et metteur en scène
72. Zahra Ardjoune, scénariste
73. Fadela Lemaini, productrice
74. Hakim Sibrahim, comédien
75. Youcef Medjekane, docteur en arts du spectacle
76. Hamid Medjahed, auteur-compositeur et interprète
77. Saïd Ouyed, opérateur son et monteur
78. Samya Abdallah, maquilleuse
79. Jamel Matari, designer & photographe.
80. Samir Mazouz, réalisateur
81. Belkacem Mammou, ingénieur du son
82. Nabil Mahidine, directeur artistique et doublage
83. Fethi Ben Harzallah Fethi, producteur
84. Samir Zoubir, producteur
85. Nordine Ait Slimane, auteur dramatique
86. Hocine Redjala, producteur réalisateur
87. Hakim SIbrahim, comédien
88. Sid Ahmed Madani, producteur réalisateur
89. Karim Slim, passeur de rêves
90. Amine Hattou, réalisateur
91. Hakim Sibrahim, comédien
92. Toufik Kaoudji, comédien producteur
93. Hocine Aknouche, producteur réalisateur
94. Mohamed benmeddour, chef-opérateur et étalonneur
95. Behtani Aissa, réalisateur, monteur et informaticien
96. Reda Laghouati, comédien réalisateur
97. Yasmine Laghouati Ferhani, animatrice productrice
98. Hachemi Zertal, producteur distributeur
99. Malika Laichour, réalisatrice productrice
100. Aïda Kabouya, productrice
101. Yahia Mouzahem, réalisateur producteur
102. Younes Zidani, producteur
103. Hamid Sahmi, ingenieur du son
104. Hamza Benbraham, assistant OPV
105. Amel Blidi, journaliste
106. Chicha Mohamed Ali, dramaturge metteur en scène et comédien
107. Farida Idir, productrice et realisatrice
108. Amel Mohandi, journaliste animatrice
109. Selma Djerbib, scénariste
110. Nadia Bouseloua, journaliste
111. Khalida Boucenna, cinéphile
112. Saadi HACID, comédien et poète
113. Fadila Lamouri, comédienne
114. Faouzi Saichi, comédien
115. Moussa Nait Amara, militant politique
116. Cherif Aggoune, réalisateur
117. Mouloud Harouz, cadreur
118. Hocine Ouarab comédien
119. Saadi Hacid, comédien
120. Moussa Nait Amara, activiste politique
121. Larbi Lakehal, réalisateur producteur
122. Mustapha Nedjai, artiste plasticien
123. Dahmane Ouzid, réalisateur
124. Hafid Ait Braham, réalisateur
125. Achour Kessai, réalisateur
126. Ahmed Rezzak, scénariste metteur en scène
127. Khalida Boucenna, cinéphile
128. Abdelkader Merbah, réalisateur producteur
129. Abdelghani Raoui, réalisateur
130. Bachir Derrais, réalisateur producteur
131. Rahma Benhamou El Madani, réalisatrice productrice
132. Youcef skendraoui, ingénieur de son, monteur et chef monteur, réalisateur, infographiste concepteur, sculpteur peintre
(Pour toutes celles et ceux qui voudraient ajouter leur signature, merci d’écrire votre nom et profession dans les commentaires ci-dessous sur la page du CRAC et nous vous ajouterons.)

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