Protester contre un éventuel 5e mandat est, décidément, un crime en Algérie qui peut valoir la prison à son auteur. C’est, en tout cas, ce qui vient d’être infligé à un jeune algérien originaire de la commune de Tizi dans la wilaya de Mascara, à l’ouest du pays.  El Hadj Guermoul a été placé en détention parce qu’il osé brandir une pancarte hostile au 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika, a-t-on appris auprès de plusieurs sources concordantes.  

Le sort de Guermoul a suscité une vague d’indignation à travers les réseaux sociaux. Et plusieurs défenseurs des Droits de l’Homme et des militants engagés en faveur de la liberté d’expression ont promis de se mobiliser pour défendre la cause d’El Hadj Guermoul, a-t-on constaté. Cet emprisonnement arbitraire laisse préfigurer une inquiétante vague de répression qui risque de s’abattre sur les militants politiques ou simples citoyens qui voudront manifester publiquement dans les jours à venir leur rejet du 5e mandat. Cette incarcération intervient au moment où l’Algérie avait vécu un long feuilleton de persécution des journalistes emprisonnés pour leurs opinions et écrits jugés dérangeants par le pouvoir politique. 

Soulignons enfin que le jeune El Hadj Ghermoul est un chômeur originaire de la daïra de Tizi, distante d’environ une dizaine de kilomètres du chef lieu de la wilaya de Mascara. Réputé pour son combat militant en faveur des droits sociaux et politiques des chômeurs, El Hadj Ghermoul avait connu de nombreuses embrouilles avec les autorités locales. Il avait été présenté en mars 2014 devant la justice pour outrage à fonctionnaire et institutions de l’Etat. Il était accusé également de destruction des registres de l’autorité publique. La Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme (LADDH) s’était fortement mobilisée en faveur de sa liberté et son droit à la liberté d’expression.

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