L’Algérie, plus grand pays d’Afrique, dispose une diversité de paysages et de milieux naturels ; elle s’est engagée depuis longtemps dans la politique de préservation et de conservation de la biodiversité par la création de plusieurs parcs nationaux. Le pays compte actuellement onze parcs nationaux qui sont représentatifs des différents écosystèmes du pays. Huit sont au nord du pays, ils s’étendent sur 165 362 ha et leur gestion relèvent de l’administration forestière : ce sont les parcs du Djurdjura, El Kala, Chréa, Gouraya, Taza et Tlemcen classés en Réserve de la Biosphère (MAB), ainsi que les parcs de Theniet El Had et Belezma.

Le parc national de Djebel Aïssa, en zone steppique, couvre une superficie de 24 500 ha dans la wilaya de Nâama. Les deux derniers parcs sont localisés dans le grand sud : le parc national du Tassili, qui est classé patrimoine mondial de l’humanité, et celui de l’Ahaggar, classé en Réserve de la Biosphère (MAB) (Direction générale des forêts DGF, 2005).

3Ces parcs abritent un patrimoine exceptionnel dont la diversité et la rareté peu communes contribuent à la renommée nationale, voire internationale. Un nombre important de mammifères (tels le bubale, la gazelle rouge, le guépard, le lynx, le lion de l’Atlas, etc.) ainsi qu’une multitude d’espèces d’oiseaux (autruches, cigognes noires, demoiselles de Numidie, etc.) s’y côtoient au milieu de paysages naturels, de sites historiques (les ruines et gravures rupestres de Tassili N’ajjer, Ahaggar, Tiout) (DGF, 2005).

Chaque parc a ses spécificités en raison de sa situation géographique, sa faune et sa flore, sa diversité biologique, son histoire. Ces parcs détiennent des ressources incontestables qui pourraient participer pleinement à la construction d’une offre touristique nationale originale basée sur la nature et la culture.

Le parc national de Tlemcen fut le huitième parc national créé en 1993. Sa création constitue une reconnaissance de sa biodiversité, de ses remarquables sites et monuments historiques qui témoignent d’une civilisation antique de la ville de Tlemcen, la perle du Maghreb. Peu études sont consacrées au parc national de Tlemcen, et les existantes traitent davantage la problématique de la dégradation des écosystèmes forestiers (Gaouar, 1980 ; Dahmani, 1984 ; Letreuch, 2002 ; Letreuch, Medjahdi et Benabdeli, 2009). Deux études abordent plus précisément la gestion participative et partagée des ressources en eau au sein du parc national de Tlemcen (Boumaza, 2012), et la promotion touristique dans la Médina de Tlemcen (Sekkoum, 2012).

Une importance écologie 

La particularité de ce parc réside dans sa position géographique : sa localisation à l’extrême nord-ouest du pays lui confère une importance écologique certaine vis-à-vis des mouvements migratoires de la faune avienne compte tenu de la proximité du couloir de migration occidental. Le parc abrite également les suberaies de Hafir et Zarifet constituées, en majeure partie par des peuplements reliques de l’Oranie — notamment avec des sujets âgés de plus de 200 ans — qui fournissaient le meilleur liège d’Algérie (Boudy, 1955) et la zeenaie de l’ouest de l’Algérie (zéenaie de Hafir) évoluant dans un microclimat humide, dont la sous-espèce Quercus faginea subsp tlemceniensisne se rencontre qu’en Oranie.

Ce sont également des sites naturels d’une grande curiosité comme l’Ourit et les grottes de Beni Add et des monuments historiques et archéologiques d’une valeur inestimable, témoins des civilisations passées (Mansourah, la mosquée de Sidi Boumédiène, la mosquée d’Agadir, le tombeau d’Abou Ishac El Tayar, etc.). Ultime reconnaissance, en 2016, le parc de Tlemcen a été classé réserve mondiale de la biosphère par l’UNESCO.

Le parc national de Tlemcen couvre une superficie de 8225 hectares qui abrite une faune et une flore sauvages d’une grande richesse, évoluant dans un microclimat humide. Il s’étend sur le territoire de sept communes : Tlemcen (731 ha), Mansourah (546 ha), Sabra (1 682 ha), Terny (3 200 ha), Aïn Fezza (1 535 ha), Beni-Mester (189 ha) et Aïn Gheraba (342 ha) (Parc national de Tlemcen, 2009). Ce territoire aux multiples facettes écologiques et biologiques se distingue par ses écosystèmes rares, des ressources naturelles de grand intérêt, un patrimoine culturel prestigieux et la beauté de ses paysages. Depuis sa création, il n’a cessé de gagner en intérêt.

Son importance en matière de diversité biologique, ses potentialités écotouristiques considérables et son dynamisme lui ont valu le classement de réserve de biosphère par l’UNESCO lors de son conseil international de coordination du programme de l’organisation onusienne sur l’homme et la biosphère) qui s’est tenu en 2016.

Une diversité climatique caractérise le territoire du parc avec une prédominance de l’étage subhumide à hiver frais accompagnée de zones semi-arides ainsi qu’un micro climat humide concentré dans la subéraie de Haffir.

Le parc national de Tlemcen est un établissement public à caractère administratif doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Créé par décret exécutif n° 93-117 du 12 mai 1993, il est géré conformément aux dispositions des lois n° 84-12 du 23.06.1984 portant régime général des forêts et n° 03-10 du 19.07.2003 relative à la protection de l’environnement dans le cadre du développement durable. Le décret n° 83-458 du 23.07.1983 fixe le statut type des parcs nationaux et l’arrêté ministériel n° 358/SPM/DPPF/88 définit le zoning et les conditions d’intervention dans le parc.

Sur le plan administratif, les structures chargées de l’application de la politique nationale de conservation de la nature sont nombreuses. Assez souvent, les prérogatives se chevauchent et les missions sont semblables. Au niveau central, il existe : la direction générale des forêts (sous tutelle du ministère de l’Agriculture), la direction générale de l’environnement (sous tutelle du ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement), l’agence nationale pour la conservation de la nature (sous tutelle du ministère de l’Agriculture et le ministère de la Culture). La réglementation par contre est nationale et unique, elle est appliquée par toutes les structures, quelle que soit la tutelle.

Sur le plan juridique et réglementaire, les efforts de l’Algérie dans le domaine de la préservation et protection des ressources naturelles et culturelles sont déployés sur deux niveaux distincts : national et international.

La réglementation au niveau national en matière de conservation de la nature et de préservation de l’environnement a été effective dès l’année 1982. Elle se fonde sur les principales lois et des décrets d’applications. À cet effet, les parcs nationaux sont créés conformément au décret n° 83-458 du 23.07.1983 fixant le statut type de ces derniers et en application de la loi sur l’environnement.

Sur le plan institutionnel, l’administration chargée de la conservation de la nature sous la tutelle du ministère de l’Agriculture possède un service central appelé la D.G.F (direction générale des forêts). Au niveau local, elle est représentée par les services des conservations des forêts. Les parcs nationaux sont des entreprises publiques à caractère administratif et sont autonomes sur le plan fonctionnement. Les inspections de l’environnement sont aussi des structures décentralisées chargées de la protection de l’environnement et sont sous la tutelle du ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement.

Aux termes de décret n° 83-458, un directeur de parc est nommé directement par le ministre, il travaille en étroite collaboration avec un conseil intersectoriel composé des représentants des ministères et des autorités locales concernées, mais toutes les décisions doivent être en dernier ressort approuvées par le ministère de tutelle.

Sur le plan financier, les structures publiques algériennes bénéficient de deux modes de financement, en premier lieu, ce sont les budgets de fonctionnement alloués chaque année pour tous les parcs nationaux et en second lieu des budgets d’équipement sur la base d’élaboration d’une fiche technique pour acquérir des crédits lui permettant de soutenir des projets.

 

Le parc national est un espace naturel d’intérêt national, institué dans le but de protéger l’intégrité d’un ou de plusieurs écosystèmes. Il a pour objectif d’assurer la conservation et la protection des régions naturelles uniques, en raison de leur diversité biologique, tout en les rendant accessibles au public à des fins de recherche, de découvertes et de pédagogie. Il s’agit à la fois de protéger et de valoriser le patrimoine culturel et historique, matériel et immatériel, tout en faisant la promotion d’activités de loisir et de détente respectueuses de l’environnement, dans une perspective de tourisme durable. Donc, le parc national de Tlemcen est considéré comme un outil de conservation et de développement de la région de Tlemcen.

Des sites historiques et archéologiques 

La forêt de Tlemcenlocalisée en amont de la ville, a été plantée en 1890 pour protéger la ville. C’est une forêt récréative, d’une superficie de 286 ha, établie à une altitude moyenne de 1096 mètres. Cette vieille futaie est constituée d’un peuplement pur de pin d’Alep dominant, son sous-bois est composé de genévrier oxycèdre, de calycotome épineux, de chêne vert et d’asphodèle.

Les grottes de Beni-Add sont situées à 12 kilomètres de la ville de Tlemcen, dans un massif montagneux assez chahuté, à une altitude de1122 mètres. C’est une impressionnante cavité creusée dans la roche calcaire du massif de Tlemcen ; les concrétions calcaires fruits du travail immuable de l’eau y dessinent des stalactites et des stalagmites aux formes les plus variées. Au fond de la grotte, les eaux tombées de la voûte déposent aussi de la calcite, constituée de trois galeries. Ces grottes sont les deuxièmes plus importantes au monde après celles du Mexique. Quelque 800 personnes les visitent chaque semaine, ces visites guidées durent en moyenne 20 minutes (Sekkoum. 2012).

Le territoire du parc national de Tlemcen recense des sites historiques et archéologiques classés patrimoine national. C’est en premier lieu la mosquée de Sidi Boumédiène, construite en 1328 par Abou El Hassan, Sultan Mérinide de Fès ; elle comporte deux chefs d’œuvres : le porche monumental d’entrée constitué par une somptueuse arcade d’une hauteur de sept mètres et sa façade comporte de magnifiques arabesques en mosaïque de faïence à quatre tons (blanc, brun, vert et jaune). Sa grande porte à deux vantaux recouverte de plaques de bronze très finement ciselées ouvre sur un escalier de onze marches en onyx translucide. Cette porte est garnie de deux heurtoirs, ainsi que d’un verrou en bronze qui en complètent la décoration. Ce site attire un nombre important de visiteurs (plus de 500 visiteurs par semaine) (Sekkoum, 2012).

Le tombeau d’Abou Ishac El Tayar est un monument construit à l’époque Mérinide. C’est le tombeau d’un illustre marabout mort à Tlemcen en 1300. Le site est situé au sud-est de la ville de Tlemcen, au lieu-dit El Eubad El Soufli ; le mausolée de ce grand saint est fréquenté et vénéré par la population de Tlemcen.

Le mausolée de Sidi Abdallah — un personnage saint dont l’histoire reste peu connue — est disposé sur les hauteurs de la forêt de Tlemcen. Il fait objet de pèlerinages des adeptes de la zawiaa. Le site a été réhabilité et aménagé dans le cadre du plan de gestion I du parc national de Tlemcen.

Les ruines de la Mansourah s’étendent sur une superficie d’environ 100 ha avec un mur d’enceinte en forme de trapèze. Il ne reste plus de la ville que les vestiges des remparts et le minaret de la mosquée. Ce minaret unique en son genre donne accès à ce lieu de culte édifié par les Mérinides, lors du siège de Tlemcen, capitale des Zianides entre 1235 et 1307 (Filali, 2002 :11). Ce lieu historique représente l’un des rares sites mérinides du Maghreb central classé en 1968 au patrimoine historique. Il s’apparente à la Giralda de Séville et à la tour Hassan de Rabat. D’une quarantaine de mètres de hauteur, ce minaret comporte une porte monumentale en forme d’arcade de 2,5 mètres d’ouverture qui repose sur deux colonnes d’onyx avec un style architectural militaire musulman.

De la première mosquée d’Algérie, la grande mosquée d’Agadir, fondée en 790 par Idris Ier (Filali, 2002), ne subsistent que quelques traces de murs, mis au jour lors de fouilles archéologiques récentes, ainsi que le minaret, dont la construction est attribuée à Yaghmoracen. Isolé au milieu des jardins et habitations, le minaret de forme quadrangulaire s’élève à vingt-six mètres, son soubassement constitué de pierres — un remploi romain — est de six mètres de haut. Au-dessus se dresse une tour en briques dont les quatre façades se voient rythmées de faibles défoncements garnis d’arcatures et de réseaux. On y distingue les petites ouvertures destinées à éclairer l’escalier. Sur la plate-forme d’où le muezzin lançait l’appel à la prière, les quatre faces du lanternon qui couronne l’ensemble présentent un décor de réseau losangé.

La diversification des formes de tourisme

Le parc possède une mission principale c’est de valoriser les différents types de tourisme tout en préservant ses richesses, en commençant par le tourisme culturel. Le parc possède une grande richesse de sites et monuments historiques classés qui représentent 70 % du patrimoine architectural arabo-musulman national (Sari, 2006). Des cérémonies autour de mausolées locaux attirent de nombreux visiteurs, environ 800 visiteurs par jour.

Le secteur agricole présente également des dispositions intéressantes pour promouvoir l’agrotourisme. La région présent une polyculture extensive, avec des plantations fruitières, de la céréaliculture, de l’apiculture, de l’arboriculture de montagne, auxquels s’ajoutent de l’élevage (ovins, bovins) et de l’aviculture traditionnelle. Le secteur dénombre 430 agriculteurs sur 1740 hectares et 750 éleveurs (Boumaza, 2012). La principale fête est celle des cerises, au mois de juin, à Mansourah. Des pratiques secondaires, mais originales, sont à découvrir telles la récolte des grands chênes (consommation), l’exploitation du liège, la carbonisation (pratiquée après des incendies), la cueillette des plantes médicinales et aromatiques, la récolte du miel. Enfin le parc bénéficie également d’une richesse cynégétique qui intéresse les chasseurs. Les forêts abritent des espèces de gibier sédentaire notamment le lapin, le lièvre, la caille, le sanglier et la perdrix.

L’écotourisme et le tourisme de nature sont pratiqués dans les forêts, les montagnes, les gorges de l’Ourit. D’autres sites naturels sont devenus des points d’observation privilégiés pour l’interprétation des espèces végétales et naturelles, l’éducation à l’environnement. Les pratiques récréatives et ludiques s’organisent autour de plusieurs sites, tels le plateau de Lalla Setti, les cascades d’El Ourit, les grottes de Béni Add…

Le parc est un espace propice aux activités pédagogiques et scientifiques. Il accueille des initiations à la nature en direction des élèves Tlemcen, comme lors de la célébration de la journée de l’arbre. Sur le plan scientifique, le parc entretient des relations continues avec l’université de Tlemcen. Il offre des laboratoires à ciel ouvert composés d’écosystèmes et de modèles d’études. De nombreux sont les chercheurs et les étudiants viennent faire des observations, des diagnostics ou des prélèvements dans le cadre leurs travaux.

Le parc national de Tlemcen bénéficie d’une infrastructure touristique intéressante, tant au niveau de l’accessibilité qu’au niveau de facilités d’hébergement. Les visiteurs peuvent venir en train ou en avion (l’aéroport Messali El Hadj de la ville de Tlemcen). Près de 170 000 voyageurs sont arrivés à partir de lignes nationales ou internationales (Direction de transport de la wilaya de Tlemcen.2015). La disponibilité des différents moyens de transport, tel que le téléphérique, les bus de Tlemcen et toutes les infrastructures routières ont contribué à augmenter le nombre de visiteurs. Le téléphérique qui relie les quartiers ouest de la ville au plateau de Lalla-Setti est très apprécié des visiteurs comme en atteste les chiffres : il transporte en moyenne 1000 personnes par jour en jours de semaine et 6000 durant les week-ends.

Au cours de l’année 2017, trois lignes de bus assurant deux circuits touristiques viennent d’être mises en place au départ de Tlemcen : le premier en direction de Mansourah, Lalla Setti et Sidi Boumediene, le second vers Lalla Setti, L’Ourit et les grottes Beni Add. Il faut noter que durant la saison estivale, les touristes séjournant au bord de la mer organisent des excursions vers Tlemcen et les autres curiosités de parc national ; car le parc n’est qu’à 70 kilomètres de la côte de Tlemcen.

La ville de Tlemcen dispose de différents types d’hébergement : hôtels classés, non classés, auberges et palace. Le parc hôtelier compte dix-sept établissements hôtels, dont cinq seulement sont classés avec une capacité d’accueil totale de 546 lits. L’unique hôtel cinq étoiles, l’hôtel Renaissance, d’un style architectural arabo-mauresque, représente 25,3 % de la capacité d’accueil. Il offre une vue panoramique, depuis le plateau de Lalla Setti, sur la ville de Tlemcen

Cet établissement du groupe Marriott, inauguré en 2011, conforte la stratégie touristique de la wilaya de Tlemcen. Pour leur part, les hôtels non classés sont au nombre de douze, pour un total 626 lits ; sans négliger les deux auberges avec une capacité de 162 lits destinés aux jeunes.

L’augmentation continue de la capacité en lits constatée ces dernières années peut être interprétée comme étant un indicateur de l’accroissement du secteur tourisme, qui n’est plus seulement discuté en termes de potentialités, mais perçu comme un facteur économique.

Comme la plupart des parcs nationaux algériens, le parc national de Tlemcen fait face à de nombreuses contraintes qui limitent sa mise en valeur. Les menaces pèsent sur les écosystèmes du parc sont nombreuses tels le braconnage (des rapaces et chardonnerets), les défrichements effectués par les riverains. Les incendies constituent la menace majeure pour le parc, ils résultent de la combinaison des facteurs naturels (sécheresse) et des actions humaines (incendies volontaires pour engendrer des destructions importantes du couvert végétal), les bilans annuels moyens des incendies dans le territoire du parc varient de 0,5 ha à 260 ha par an.

 

Le parc de Tlemcen est exposé aussi à plusieurs sources de pollution générées par diverses activités à savoir les eaux usées urbaines et industrielles, les déchets solides urbains et industriels, les rejets atmosphériques, les produits phytosanitaires et les déchets d’élevages. Le déséquilibre écologique est aujourd’hui bien réel et constitue un sujet primordial pour le développement touristique. La dégradation des paysages, la prolifération des déchets, la détérioration des conditions de vie, les nuisances sonores et bruits sont autant d’embûches pour l’entretien et d’hygiène de ce site par le secteur de l’environnement.

Le surpâturage touche toutes les essences végétales qui existent dans le parc. Les troupeaux y sont lâchés. Le couvert végétal est fragilisé et cela empêche le rajeunissement des espèces ravagées par les feux de forêt pendant l’été. La fréquentation importante de certains sites, comme Lalla Setti et la forêt domaniale de Tlemcen, nécessite une gestion adéquate pour concilier la préservation des patrimoines et l’accueil des visiteurs. Il faut également mentionner la dégradation progressive du milieu naturel sous l’effet de l’urbanisation anarchique sur le long des axes routiers et autour des agglomérations.

Bien que parmi les pionniers des parcs nationaux, le parc national de Tlemcen reste peu connu et son administration est peu visible sur le terrain pour superviser et sensibiliser les visiteurs. Le développement économique durable d’une manière générale et le tourisme durable plus particulièrement sont au cœur du projet, mais, l’implication et la participation de la population locale au processus de décision et au développement du tourisme est pratiquement inexistante. Enfin, le chevauchement des prérogatives entre les différentes structures à l’échelle centrale et locale ne permet pas de mettre une stratégie globale pour développer l’activité touristique.

À ce stade, les principales perspectives qui méritent être soulignées sont la connaissance, la protection et la gestion du patrimoine naturel et culturel qui s’appuient sur l’accueil, l’orientation et les visites guidées. L’intégration des populations rurales est l’une des clés de la réussite, tant dans la perspective d’amélioration des revenus des ménages que pour assurer un environnement préservé. Les actions participatives d’information (concours scolaires, campagne de nettoyage, exposition…) et l’implication de l’université dans des travaux de recherche dans le secteur de l’environnement et de tourisme concourront à l’introduction de la culture du tourisme, la diversification des produits touristiques en adéquation avec les attentes économique, sociale et environnementale.

Les ressources culturelles conjuguées aux potentialités naturelles offrent au parc national de Tlemcen un potentiel touristique d’importance régionale et nationale, voire internationale. Malgré quelques contraintes, le parc joue un rôle non négligeable en matière de tourisme dans la réanimation de l’économie locale.

Ce sont les éléments constitutifs du patrimoine territorial du parc (humain, naturel, climatique, historique, etc.) qui fondent son image, son attractivité, son positionnement et sa production touristiques et ce sont les acteurs dans leur multiplicité et leur diversité (publics, privés, associations, etc.) qui contribuent à cette production touristique.

La mission prioritairement affectée au tourisme qui consiste à créer des emplois, à accroître les flux financiers, à maintenir ou créer des services doit être pensée dans une perspective de développement durable, qui intègre la préoccupation d’un souci de préservation, de réanimation du patrimoine historique et culturel, de façon générale. Les stratégies de tourisme durable sont celles qui respectent les diversités culturelles, protègent le patrimoine et contribuent au développement local.

Toutes les actions de valorisation et de promotion du tourisme passent par la nécessité de préservation des écosystèmes dans une vision globale du développement durable et d’offrir un certain nombre de conditions de base, en termes d’attractivité, de développement des infrastructures, de sécurité, diversification des produits, etc. Mais, au regard de ces ressources, le parc demeure sous exploité et présente une région marginalisée touristiquement faute d’une stratégie touristique en Algérie qui ne privilégie que les tourismes balnéaire et saharien.

Par Sofiane Sekkoum et Hadj Mohammed Maachou, de l’université d’Oran

LAISSER UN COMMENTAIRE