En choisissant le vieux stade du 20 Août 55 pour accueillir le choc des 8es de finale de  la Coupe d’Algérie opposant le MCA au Husseindéens dans un derby alléchant. Les organisateurs ont ressuscité un douloureux souvenir qui remonte à 36 ans en arrière que nul n’est censé ignorer en Algérie.

En effet, c’était dans ce même stade à l’occasion du même débat programmé le 26 Novembre 1982, pour le compte de la 7e journée du championnat national, quand plusieurs vagues de nos jeunes supporters issus de plusieurs quartiers Algérois et les régions voisines,  ont emprunté tôt dans la matinée d’un certain Vendredi le chemin à destination du vieux stade du 20 Août 55 pour passer une agréable après-midi footballistique.

Excités par l’idée d’être des témoins sur l’entrée en lice des nouveaux mondialistes d’Espagne, à l’instar de Rabah Madjer, Fergani, Ben Cheikh et d’autres figures emblématiques, le public présent en masse, n’avait en aucun cas imaginé que ce rendez-vous tant attendu va se transformer en une fin tragique qui demeure le pire cauchemar dans les annales du sport national.

Ayant assisté au match d’ouverture entre l’OMR « Ruisseau » et la JSD « Jijel » qui évoluaient en division inférieure, plusieurs dizaines de nos supporters avaient du mal à se procurer une place au milieu de cette foule record, si nombreuse,  qu’il avait fallu exploiter la toiture des tribunes pour pouvoir suivre le match.

Sous une bonne influence des encouragements, les joueurs du doyen et leurs homologues des Sang et Or, faisaient enfin leur apparition sur la pelouse, accompagnés des chants des deux galeries dans un climat d’harmonie spectaculaire. Mais soudain, un gros bruit de fissure jaillit de nulle part et de partout au même temps. Et sans comprendre réellement ce qu’il vient de se passer, huit personnes ont péri sur le champ conformément au communiqué officiel et plus que treize selon le témoignage des rescapés. Et pour cause, le toit du virage Sud qui était plein à craquer s’est effondré sur ses occupants causant plusieurs pertes humaines et des centaines de personnes grièvement blessés dont ceux qui portent jusqu’à ce jour des graves séquelles allant jusqu’à la chaise roulante. Un drame qui aurait pu être évité si le match s’est tenu au stade olympique du 5 juillet.

Hélas, 36 ans plus tard, la commission d’organisation de la Coupe d’Algérie a, malheureusement, décidé de maintenir ce même derby à l’occasion des 1/8es de finale de cette compétition dans ce même stade aussi vieux comme le monde, entouré des quartiers populaires de Belouizdad, et ce, malgré la disponibilité du grand stade du 5 Juillet. Le plus inquiétant est de programmer un match pareil un Mercredi, jour de semaine, à 15 H qui coïncide pile-poil avec les heures de pointe. Et dire que nous avons échoué de bannir la violence qui hante nos stade. Bravo les gars !

           

Par Anes N

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