Comme il a été annoncé auparavant par Algérie Part, le général à la retraite Ali Ghediri a annoncé officiellement sa candidature à l’élection présidentielle du 18 avril prochain. L’ancien haut gradé et directeur du personnel au ministère de la Défense Nationale a lancé ainsi la joute électorale sur les les chapeaux de roues. 

Il y a quelques semaines, ce général était méconnu de tous les Algériens. Il s’est fait connaître par la grâce de quelques tribunes incendiaires publiées dans les colonnes du quotidien francophone El-Watan. Et c’est une violente polémique l’opposant au ministère de la Défense Nationale d’Ahmed Gaïd Salah, le chef d’Etat-Major de l’ANP, qui lui offrira une dimension nationale. De la publicité inattendue, inespérée et surtout gratuite. Du pain béni pour un homme connu uniquement par les élites francophones du pays.

Du général Ghediri, on nous dit qu’il dispose d’un long parcours militaire. Titulaire d’un doctorat en sciences politiques et d’un magistère en Relations internationales, on le présente comme un intellectuel qui maîtrise le verbe et développe des idées tranchantes. Mais le général candidat aux présidentielles a-t-il un « projet » à proposer aux Algériens ? Comment envisage-t-il l’avenir  du pays ? Que peut-il apporter à ces Algériens férus de changement ?

Difficile de répondre, pour l’heure, à ces questions. Dans sa lettre adressée aux Algériens rendue publique ce vendredi, Ali Ghediri promet une « rupture sans reniement ». « La rupture s’impose à nous, si nous voulons aller de l’avant. La question se pose en termes existentiels pour la nation, pour renouveler le serment avec ceux de novembre et sauver l’Algérie pour laquelle tant de sacrifices ont été consentis « , a affirmé Ali Ghediri qui ne dit pas s’il dispose réellement d’un programme socio-économique à même de lui permettre de trouver des solutions concrètes aux problèmes de l’Algérie.

Mais cela n’empêche pas le général de croire en lui et  d’affirmer avec confiance que « la rupture est certainement un mot fort, qui fait peur aussi bien à la minorité qui, s’accommodant de ce système – ou de ce qui en reste –, œuvre pour le perpétuer, qu’à l’écrasante majorité qui, tout en appelant le changement de tous ses vœux, en redoute les retombées ».

« À cette majorité, je dis que, ce dont ils doivent avoir légitimement peur, ce sont les maux générés par ce système qui poussent nos enfants à fuir leur pays et qui empêchent ce peuple d’y vivre sereinement dans le confort et le bien-être et de profiter pleinement des richesses qu’il est potentiellement en mesure de leur offrir », écrit encore le général-major retraité.

Ali Ghediri paraît, tout de même, séduisant lorsqu’il parle ouvertement de  « cette Deuxième République, qui représente le cœur de notre projet politique ». « Nous la rebâtirons sur la base d’une réelle refondation démocratique et d’une totale reconfiguration institutionnelle dans le moule d’un projet de société moderniste, dont le peuple aurait participé à la définition de la philosophie autant qu’à la mise en œuvre », s’engage le général qui dit vivre de son « salaire comme unique source de revenus, comme, présentement, je vis de ma seule pension de retraite ».

Jusque-là, Ali Ghediri, le général séditieux,  aura réussi à jouer le rôle des trouble-fêtes. Sa candidature ne manquera pas de mettre mal à l’aise les tenants du pouvoir. Il peut, certes, séduire. Mais son principal défi sera de… convaincre. Et la-dessus, il a du pain sur la planche car il faudra démontrer qu’il peut camper le rôle du « candidat sérieux » capable de créer la surprise et de mobiliser autour de lui des Algériens dégoûtés de la politique.

LAISSER UN COMMENTAIRE