Décidément, l’Algérie est un véritable imbroglio. Après un suspense de folie, la Présidence de la République a annoncé officiellement ce vendredi la date de l’organisation des élections présidentielles. Les Algériens devront voter pour choisir leur futur président le 18 avril prochain. Mais est-ce pour autant la fin du flou ?

Non, loin s’en faut. Et pour cause, pour l’heure, on ne sait toujours pas s’il y aura des candidats sérieux à ces élections présidentielles. Oui, l’absence de candidat est une éventualité très sérieuse car toute la classe politique algérienne est suspendue à la décision du Président Bouteflika. Ce dernier n’a toujours pas fait connaître ses intentions ni sa volonté de poursuivre sa mission pour un 5e mandat successif. Et selon nos informations, Abdelaziz Bouteflika ne se prononcera qu’au début du mois de février. Cela signifie que de nombreuses personnalités politiques algériennes ne prendraient pas le risque d’annoncer leurs candidatures avant de comprendre les véritables motivations de l’actuel Chef de l’Etat.

Dans ce contexte, les Algériens devront s’attendre à un énième blocage qui va durer au moins jusqu’au mois de février. A moins que des candidats audacieux « osent » entreprendre une démarche inédite pour casser cette torpeur nationale et rompre ainsi avec cet attentisme maladif. A ce propos, des sources bien informées ont révélé à Algérie Part que le général à la retraite Ali Ghediri peut créer la surprise en annonçant dans les jours à venir sa candidature à l’élection présidentielle. L’homme qui a déclenché une véritable guerre froide avec le ministère de la Défense nationale du chef de l’état-major de l’ANP d’Ahmed Gaïd Salah ne cache pas ses ambitions politiques et n’a pas peur d’affronter le « candidat du système », assurent ses proches.

Cette candidature pourrait créer une dynamique et bousculer l’actuel statu-quo. D’après d’autres sources, Ali Benflis, l’éternel candidat et lièvre des présidentielles, réfléchirait également à se jeter dans cette joute électorale. L’homme a rencontré depuis fin décembre plusieurs acteurs politiques et personnalités influentes. Mais, jusqu’à aujourd’hui, rien n’a filtré sur ce que l’ancien chef de gouvernement, de 2000 à 2003, projette de faire. Il faut dire que pour le commun des observateurs et politiques, affronter Abdelaziz Bouteflika dans un processus électoral est un pari perdu d’avance. Fraude, partialité de l’administration, ces politiques ont mille et un arguments pour justifier et expliquer à l’avance leurs défaites.

Tout indique donc que d’ici le mois de février, l’Algérie risque de vivre une campane électorale sans véritables candidats ! Pour le moment, seules quelques personnalités qui se comptent sur les doigts d’une main ont fait connaître leurs candidatures aux élections présidentielles du 18 avril prochain. Il s’agit de Fethi Gherras, porte-parole du MDS (Mouvement démocratique et social), Nacer Boudiaf, le fils du défunt président de la République Mohamed Boudiaf, ou du controversé ex-député Tahar Missoum réputé pour ses anciennes frasques au parlement algérien.

Malheureusement, privés de moyens et d’appareils politiques bien structurés, il n’est même pas certain que ces personnalités puissent réunir les conditions nécessaires pour valider leurs candidatures au niveau du Conseil Constitutionnel. Les élections du 18 avril 2019 seront donc encore une fois un rendez-vous politique raté pour l’Algérie. Au lieu de débattre des visions et des projets de société dont l’Algérie a cruellement besoin pour se développer et s’épanouir, les Algériens assisteront, une fois encore, à la sempiternelle polémique sur les intentions et desseins du Président Bouteflika.

LAISSER UN COMMENTAIRE