Coup de théâtre. Les élections présidentielles prévues en avril prochain risquent bien d’être reportées, a-t-on appris ce jeudi auprès de plusieurs sources bien introduites au sein du sérail et proches de plusieurs cercles très influents. La thèse du report est de retour et ce scénario pourrait finalement être annoncé dans les jours à venir.

Cette thèse qui semblait être enterrée au début de ce mois de janvier risquerait de se concrétiser à la dernière minute provoquant ainsi une situation politique inédite en Algérie. Selon nos sources, la Présidence de la République tergiverse encore avant d’annoncer la convocation du corps électoral et poursuit les discussions ainsi que les échanges autour des conditions dans lesquelles il faut organiser le scrutin présidentiel de 2019.

Les partisans du report des élections reviennent en force pour imposer leur feuille de route au nom de « la stabilité du pays ». Selon les promoteurs de ce projet, si l’état de santé du Président Bouteflika ne lui permet pas d’annoncer sa candidature, il vaut mieux annoncer le report des élections car l’Algérie « n’est pas prête pour le moment à vivre un processus de succession sans subir des dégâts qui menacent sa stabilité ». Aux yeux des partisans du report, l’Algérie n’est « techniquement pas en état » d’assurer l’organisation des élections dès le mois d’avril prochain en raison des luttes claniques et manœuvres politiques auxquelles certains cercles politiques s’adonnent pour placer leurs poulains dans la course à la succession d’Abdelaziz Bouteflika.

Dans ces conditions, les partisans du report exercent depuis le début de cette semaine un très fort lobbying pour convaincre la Présidence de la République de reporter les élections présidentielles de deux ans. Durant cette période, le pays profitera du retour de l’accalmie au sein des institutions de l’Etat pour préparer un véritable processus de transition qui limitera au grand maximum les dégâts sur la stabilité du pays.

Dans leur feuille de route, les partisans du report demandent la nomination d’un nouveau gouvernement formé par une nouvelle équipe de ministres qui seront chargés de poursuivre les projets de développement sans subir l’influence des obédiences politiques. Et pendant ce temps-là, chaque candidat à l’élection Présidentielle disposera du temps nécessaire pour préparer son dossier, sa candidature et défendra son projet dans le cadre d’une élection qui sera organisée au début de 2021.

Ce scénario permettra, par ailleurs, de « libérer » Ahmed Ouyahia, l’actuel Premier-ministre, dont les partisans croient voir en lui le « digne successeur d’Abdelaziz Bouteflika ». Dans le sillage du report des élections, Ouyahia sera amené à quitter le gouvernement pour se consacrer à ses ambitions présidentielles et il devra relever les défis de prouver sa capacité à séduire et convaincre les Algériens pendant cette période de transition. Pour l’heure, il faut prendre ces informations avec des pincettes car, en dépit de leur fort lobbying, les partisans du report du scrutin présidentiel n’ont pas encore fédéré autour d’eux toutes les composantes et forces du pouvoir.

Ceci dit, les lenteurs intrigantes observées pour convoquer le corps électoral tendent à confirmer que le scénario des élections présidentielles est plus que jamais au coeur de l’attention des décideurs du pays. Reste enfin à savoir comment réagira l’opinion algérienne à l’annonce du report des élections si elle survient à la toute dernière minute. Cette donnée stratégique, le pouvoir algérien ne semble pas encore la maîtriser…

 

LAISSER UN COMMENTAIRE