Les autorités algériennes sont en train de faire durer le suspense avant de proclamer la date exacte de la tenue du scrutin présidentiel qui devrait être organisé en avril 2019. Oui, pour le moment, la Présidence de la République n’a toujours pas convoqué le corps électoral. Aucune campagne n’est donc encore possible pour ces élections dont le sort est plus que jamais mystérieux. 

Toute l’Algérie est en suspens. Si la thèse du report s’est définitivement écroulée en raison de son impossibilité constitutionnelle, ces élections présidentielles n’en demeurent pas moins une grande inconnue. Si l’on se tient à la loi organique 16/10 du 15 août 2016 portant régime électoral, les élections présidentielles doivent avoir lieu dans les 30 jours qui précèdent l’expiration du mandat du président de la République. Cela signifie en théorie que la convocation du corps électoral doit se faire au plus tard le 16 janvier 2019. Or, nous sommes d’ores et déjà le 15 janvier et aucune annonce n’a été faite par les autorités publiques.

D’autres sources s’appuyant sur des aspects réglementaires du code électoral estiment que la Présidence de la République dispose d’un délai jusqu’au 25 janvier prochain. Et il est donc possible que la convocation du corps électoral soit prononcée le 23 ou le 24 janvier, soit dans une semaine. C’est le dernier délai que permet notre législation nationale puisque l’article 136 du code électoral prévoit fixe la date de la convocation du corps électoral à 90 jours avant la date du scrutin. Et en aucun cas, la tenue du scrutin présidentiel ne peut excéder la date du 27 avril prochain.

Au-delà du contexte réglementaire et constitutionnel, c’est toute la dimension politique de ces lenteurs qui cause problème. Le flou entourant ce scrutin place le pays dans une inquiétante situation d’instabilité et peut provoquer d’énormes impacts négatifs sur notre économie nationale d’ores et déjà fragile et impuissante. Par ailleurs, la classe politique est totalement anesthésiée et peu d’initiatives ont été proposées pour sortir de l’actuel statu quo. Opposants comme partisans, tout le monde attend la décision d’Abdelaziz Bouteflika pour prendre position. Un attentisme qui démontre l’incroyable « sécheresse intellectuelle » de la scène politique algérienne.

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