Le tamazight est, certes, une langue officielle et nationale en Algérie. Mais en dépit de cette reconnaissance, certains thèmes autour de la lutte pour la reconnaissance de cette langue ancestrale ne sont toujours pas tolérés par les autorités algériennes. C’est du moins ce que vient de prouver l’interdiction de la conférence de Nacer Djabi, éminent sociologue et chercheur, par le recteur de l’université de Batna.

Prévue hier samedi à l’occasion de la célébration du nouvel an berbère, Yennayer, Nacer Djabi devait présenter aux étudiants de l’université de Batna son ouvrage portant sur les mouvements berbères en Afrique du Nord. Un travail de recherche d’une importance capitale pour comprendre les enjeux des luttes pour la reconnaissance de la culture amazighe dans tous les pays de la région.

Malheureusement, à la dernière minute, le recteur de l’université de Batna a interdit cette conférence pour des motifs qui demeurent méconnus, a expliqué Nacer Djabi sur sa page Faceboook. L’information s’est rapidement propagée sur les réseaux sociaux provoquant une énorme polémique. Une interdiction qui survient en pleine célébration de Yennayer, cette provocation n’est pas passée inaperçue. Notons enfin que Nacer Djabi est un intellectuel qui dérange depuis des années les autorités politiques. Son engagement en faveur des libertés publiques et ses critiques au vitriol contre le fonctionnement autocratique du régime algérien lui valent l’hostilité de plusieurs hauts commis de l’Etat.

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