Inédit ! Les dirigeants d’un important opérateur économique comme Djezzy ont décidé d’entrer dans cette féroce « guerre politique » contre la presse électronique algérienne, le dernier bastion de la liberté d’expression dans notre pays. Le 20 janvier, le procès qui opposera Algérie Part aux dirigeants de Djezzy témoigne, en réalité, d’un nouveau round de ce combat que livre la presse électronique algérienne contre l’arbitraire politique qui veut, à tout prix, l’empêcher de s’exprimer et de faire son travail d’information en toute liberté. 

Pendant plus deux ans, Abdou Semmar, rédacteur en chef d’Algérie Part, n’a pas cessé de publier des enquêtes, appuyées par des documents matériellement traçables, sur la mauvaise gestion de cet opérateur de téléphonie mobile. De 2017 jusqu’à 2018, aucun dirigeant de Djezzy n’a réagi en dépit des relances successives de notre Rédacteur en chef. Aucune mise au point, ni le moindre démenti par la direction générale de Djezzy n’a été formulé à l’encontre de nos publications ou investigations.

Mais à la veille de la tenue des élections présidentielles, au moment où des clans au pouvoir ont instrumentalisé la justice pour torpiller la liberté des médias électroniques algériens, les dirigeants de Djezzy se réveillent de leur torpeur et se rappellent de la nécessité de poursuivre en justice Abdou Semmar ! Étonnant, intriguant, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire cette stratégie forcément malveillante de la direction générale de Djezzy. Une stratégie qui obéit clairement à des considérations politiques.

Le procès de Djeezy prévu le 20 janvier prochain n’est pas fortuit. Il est programmé au début de la campagne électorale pour les élections présidentielles d’avril 2019. Un contexte bouillonnant et très hostile à la liberté d’expression. Abdou Semmar subit toujours un harcèlement judiciaire caractérisé depuis sa sortie de prison le 08 novembre dernier et demeure privé de l’une de ses libertés constitutionnelles, à savoir la liberté de se déplacer et de voyager.

Ce procès, comme les autres procès qui risquent d’être enclenchés contre les journalistes d’Algérie Part dans les jours à venir, marque une nouvelle escalade de la répression contre Abdou Semmar, un journaliste qui refuse de se plier aux nouveaux diktats politiques des autorités algériennes. Des autorités qui veulent empêcher les médias électroniques de perturber l’élection présidentielle de 2019 avec leurs révélations gênantes et leur liberté de ton qui dérange. Djezzy entre de plain pied dans cette machination ordurière orchestrée contre la liberté d’expression des Algériens. Honteux pour un opérateur qui prétend être un » « entreprise citoyenne ».

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