Un chanteur algérien de raï très populaire, Houari Manar, est décédé à 38 ans lors d’une anesthésie dans une clinique où il devait subir une opération de chirurgie esthétique, a indiqué jeudi à l’AFP une source médicale.

Houari Manar « a sombré dans le coma après une anesthésie. Son coeur à lâché », a déclaré à l’AFP, sous le couvert de l’anonymat, un médecin de la clinique privée d’un quartier huppé d’Alger où le chanteur est décédé lundi.

Le médecin a précisé qu’il y avait été admis « pour une liposuccion abdominale ».

Houari Manar, de son vrai nom Houari Madani, avait vécu en France jusqu’au début des années 2000, avant de revenir en Algérie et de se lancer dans le raï, dont il était devenu une figure chez les jeunes Algériens.

Genre musical dont la version moderne est née dans les années 1980 à Oran, deuxième ville d’Algérie dans le nord-ouest du pays, le raï s’est depuis exporté dans le monde entier mais reste critiqué par les plus conservateurs en Algérie pour ses thèmes « amoraux » et « subversifs ».

Une allure androgyne et excentrique

Très populaire chez les jeunes, Houari Manar était également controversé pour son allure androgyne et excentrique – parfois maquillé, les cheveux teints – et ses paroles jugées ambiguës par certains, ce qui lui avaient attiré des accusations d’homosexualité, un tabou en Algérie, où les « actes » homosexuels sont passibles de deux ans de prison.

En 2017, sa prestation annoncée dans un gala à l’occasion des célébrations du déclenchement de la guerre d’indépendance de l’Algérie avait suscité une polémique, des voix dénonçant son « homosexualité affichée ». Le ministre de la Culture de l’époque avait obtenu sa déprogrammation.

En 2015, interrogé par le quotidien français Le Monde, il avait refusé de s’exprimer sur sa sexualité, indiquant seulement que les thèmes de ses chansons étaient « l’amour, la femme, l’homme et le désespoir ».

Il avait connu son premier succès avec la chanson « Aâchkek, mon traitement », dont ses détracteurs affirment que les paroles s’adressent à un homme.

« Ses paroles audacieuses et sa dégaine de dandy androgyne ont fait de lui une figure incontournable du raï contemporain, mais aussi la cible favorite de campagnes de dénigrement et d’anathèmes », souligne le quotidien le Soir d’Algérie.

« Houari Manar représente une longue tradition de la marginalité, revendiquant sa liberté de ton et son statut d’artiste “paria” et “amoral” dans le meilleur sens du terme », poursuit-t-il.

La vidéo de son dernier single « Ana li gabartah » a été vue 29 millions de fois sur YouTube.

Source : AFP 

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