Encore de nouvelles plaintes et des convocations judiciaires contre notre Rédacteur en Chef, Abdou Semmar. Profitant de l’actuelle situation politique totalement hostile à la presse libre en Algérie, la direction générale de l’opérateur téléphonique Djezzy a déposé plainte contre Abdou Semmar pour l’ensemble des articles et enquêtes qui ont été écrits et publiés par ses soins depuis… 2017 !

Pourquoi avoir attendu tout ce temps-là pour ensuite recourir à la justice ? Pourquoi avoir attendu l’emprisonnement de notre rédacteur en chef et ses actuelles déboires avec les autorités avant de déposer plainte pour soi-disant diffamation ? Les patrons de Djezzy, fortement bousculés par les révélations des investigations d’Algérie Part à propos de leur obscure méthode de gestion, ont ainsi rejoint la campagne de harcèlement judiciaire enclenchée contre Abdou Semmar.

Ce dernier a été convoqué par le tribunal de Boufarik le 20 janvier prochain pour comparaître devant les juges et affronter les avocats de Djezzy qui réclament 500 millions de centimes de réparation au nom d’un soi-disant préjudice moral subi par les dirigeants de cet opérateur de téléphonie mobile dans le sillage de nos enquêtes sur leurs bilans. En plus de vouloir « racketter » un journaliste, Djezzy a réclamé à la justice d’ordonner à Abdou Semmar de cesser l’utilisation de tout document susceptible de nuire aux intérêts des décideurs de Djezzy !

Décidément, l’administration de Djezzy veut instrumentaliser la justice pour museler définitivement un journaliste qui la dérange. Cette façon de faire n’a absolument rien à envier aux méthodes employées par les dictateurs et les autocrates. Djezzy est-il un corpus sacré pour qu’un journaliste algérien s’interdise d’enquêter ou de dénoncer sa mauvaise et douteuse gestion financière ? Et pourquoi la justice n’a jamais ouvert ne serait-ce qu’une seule enquête pour demander des comptes aux gestionnaires de l’opérateur Djezzy à la lumière des révélations faites par Algérie Part ?

Il est à noter que les articles d’Abdou Semmar ont toujours été appuyés par des documents et des preuves matérielles. Le parquet aurait pu s’auto-saisir pour ouvrir une information judiciaire. Mais en Algérie, les juges préfèrent convoquer le journaliste et le mettre sur le banc des accusés. Cette convocation par le tribunal de Boufarik s’inscrit dans le sillage des autres affaires judiciaires lancées contre Abdou Semmar, des affaires qui viennent d’apparaître comme par enchantement ces jours-ci en pleine ébullition politique et au moment où la presse en ligne en Algérie est victime d’un bâillonnement de la liberté d’expression.

Algérie Part informe ses lecteurs et lectrices qu’il n’acceptera jamais le diktat d’un opérateur de téléphonie mobile. Notre Rédaction luttera jusqu’au bout pour son indépendance et sa liberté. Ni les dirigeants politiques ni les lobbys économiques n’ont le droit d’étouffer notre voix. Nous reviendrons prochainement sur les dessous du dossier Djezzy dans nos prochaines publications.

 

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