Un important événement politique risque de se produire au cours de cette semaine en Algérie. Plusieurs sources concordantes ont affirmé à Algérie Part que la Présidence de la République prévoit de remanier le gouvernement d’Ahmed Ouyahia en prévision des cruciales échéances électorales d’avril 2019. 

Pour l’heure, la feuille de route qui est en train de se dessiner n’a pas été encore officiellement adoptée. Mais il semble que le Palais d’El-Mouradia réfléchit sérieusement à des changements radicaux qui préfigureront le nouveau visage de la scène politique à la veille de l’élection présidentielle. Et c’est tout simplement le dernier virage avant d’entamer cette échéance déterminante et si délicate. Ainsi, avant de convoquer le corps électoral, il est probable que le Premier-ministre, Ahmed Ouyahia, quitte ses fonctions dans les prochains jours à venir.

Selon nos sources, Ahmed Ouyahia est proche de la porte de sortie. Mais son départ soulève plusieurs hypothèses qu’il demeure encore difficile à confirmer. Si Ahmed Ouyahia est libéré de ses fonctions de Premier-ministre, cela peut signifier qu’il peut être chargé officiellement de mener la campagne pour le 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Mais son départ du Palais du Gouvernement peut signifier également qu’il a reçu le feu vert pour présenter sa candidature à la magistrature suprême du pays ! Et cette hypothèse ne semble pas farfelue car les partisans d’Ahmed Ouyahia parlent ouvertement dans les salons discrets du sérail de sa capacité à succéder à Abdelaziz Bouteflika.

Ahmed Ouyahia bénéficie de l’appui de plusieurs oligarques et jouit d’une certaine respectabilité auprès des chancelleries occidentales notamment la France. Or, le sort d’Ahmed Ouyahia est étroitement lié à l’option du 5e mandat du Président Bouteflika. Comme il a été expliqué par Algérie Part dans plusieurs de ses publications, cette option n’est pas encore enterrée. Certes, sa faisabilité dépend de l’évolution de l’état de santé d’Abdelaziz Bouteflika, mais à la résidence présidentielle de Zéralda, les réunions se succèdent pour analyser les tenants et aboutissants du projet du 5e mandat.

Ahmed Ouyahia ne peut jamais penser à son ambition présidentielle si le 5e mandat est officiellement lancé. Mais le 5e mandat peut-il se faire sans la participation d’un cacique comme Ahmed Ouyahia ? Non, loin s’en faut. C’est pour cette raison que la thèse d’une prochaine excommunication d’Ouyahia par le clan présidentiel ne semble guère judicieuse ni convaincante.

Plusieurs noms sont évoqués pour remplacer Ahmed Ouyahia à la tête du gouvernement. Il s’agit, son nom revient à chaque grande manœuvre pour changer le gouvernement, de Nourredine Bedoui, l’actuel ministre de l’Intérieur. D’autres sources annoncent la prochaine nomination du « vieux sage » Youcef Yousfi qui devra uniquement  expédier les affaires courantes en attendant l’aboutissement des élections présidentielles d’ici fin avril prochain. Cependant, d’autres sources bien introduites au sein du sérail tablent sur le retour de Tayeb Belaïz, l’ex-ministre de l’Intérieur, de la Justice et influent conseiller à la Présidence. Il pourrait se charger de préparer la présidentielle d’avril 2019 en occupant les fonctions de Premier-ministre.

Officiellement, rien n’a été encore décidé et tout peut évoluer dans les prochaines heures. Mais une chose est sûre : la Présidence de la République souhaite sacrifier plusieurs ministres à la rue pour séduire et rassurer une opinion publique très inquiète par le climat politique délétère qui règne sur le pays. La présidentielle de 2019 a donné lieu à des luttes claniques qui ont paralysé l’efficacité du gouvernement. Les récentes troublantes affaires de justice ainsi que l’emprisonnement de plusieurs figures médiatiques respectées et adorées par les Algériens ont propagé un véritable climat de terreur.

A l’image du limogeage du Wali de M’sila, le palais présidentiel se sent obligé de « couper des têtes » et punir les ministres impopulaires ou inefficaces dans le but de démontrer sa capacité à fédérer les algériens. Et plusieurs ministres risquent de connaître le même sort que celui du Wali de M’sila. Une short-liste est en cours de préparation. Et elle devra être annoncée au cours de cette semaine.

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