Oui, le stade de Tizi-Ouzou va coûter beaucoup plus cher que les plus prestigieux stades européens comme celui du Bayern à Munich en Allemagne ou de la Juventus en Italie. Et pourtant, le coût initial du futur stade de Tizi-Ouzou était de 228 millions d’euros. Il a été réévalué de 30% pour atteindre l’équivalent de 328 millions d’euros. Mais cet énorme gouffre financier ne choque pas la direction du groupe l’ETRHB d’Ali Haddad en charge de la construction de futur stade. 

Au contraire, ce groupe privé trouve « normal » ce coût trop élevé qui a suscité une polémique ayant dépassé les frontières de l’Algérie. Mais pour le groupe d’Ali Haddad, le stade de Tizi-Ouzou est un projet nettement plus ambitieux et important que les stades du Bayern ou de la Juventus, des enceintes sportives internationales très prisées dans le monde entier !

Dans un communiqué rendu public hier jeudi 3 janvier, le groupe dirigé par Ali Haddad a expliqué que « le stade de Tizi Ouzou fait partie d’un vaste complexe sportif s’étalant sur 60 hectares et comprenant un stade de football de 50.000 places, un stade d’athlétisme de 6.500 places, un stade de réplique en gazon naturel et un parking de 3.600 places. Situé dans un terrain accidenté, la construction de ce stade a nécessité l’extraction de 1.800.000 m3 de déblais et la réalisation de 10 km de routes ».

Le groupe ETRHB Haddad se justifie encore en indiquant que le stade de Tizi Ouzou a englouti 220.000 m3 de béton et 40.000 tonnes d’acier, et que sa réalisation a connu, jusqu’à ajourd’hui, un retard de 1.240 jours, soit près de quatre années.

Un retard que l’ETRHB justifie aussi pour s’en laver la main. Le groupe privé accuse d’abord les intempéries, ensuite il pointe du doigt le départ du partenaire espagnol FCC Construction et son remplacement par le turc Mapa, les difficultés d’approvisionnement du chantier en ciment et acier, l’adaptation de l’étude du stade aux normes FIFA, déplacement des réseaux d’électricité, les problèmes de paiement, les difficultés d’importation des matériaux nécessaires à la réalisation du stade, etc.

En gros, ce n’est pas de notre faute, souligne la direction de l’ETRHB Haddad qui devait livrer le projet dans un délai de 30 mois. Ces explications risquent enfin de renforcer la polémique autour de ce méga-projet dont on ne comprend plus l’utilité ni la nécessité de lui accorder un budget de près de 400 millions d’euros ! La ville de Tizi-Ouzou a-t-elle vraiment besoin d’un aussi grand complexe sportif ? Et comment sera-t-il géré par la suite et les autorités de la wilaya de Tizi-Ouzou sauront-elles rentabiliser ces infrastructures ou les entretenir ? L’Etat n’aurait-t pas mieux fait d’investir ces 328 millions d’euros dans des projets économiques créateurs de richesses et d’emplois dans cette région stratégique de la Kabylie ?

Personne, pour l’heure, ne répond à ces questions. Et pourtant, c’est d’abord et avant-tout des deniers publics qu’il s’agit…

 

 

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