Ce sont des signes qui ne trompent pas. Comme il a été expliqué récemment par Algérie Part, l’option d’un 5e mandat successif pour Abdelaziz Bouteflika est en train de se confirmer de jour en jour. Et pour cause, la thèse du report des élections présidentielles est en train de s’effondrer. Et ce sont les promoteurs de cette thèse qui reconnaissent eux-mêmes leur volte-face. Ainsi, Amar Ghoul, partisan de l’organisation d’une conférence nationale regroupant toutes les forces politiques du pays au cours de ce mois de janvier, a changé radicalement sa position. 

Hier mardi, il a annoncé officiellement qu’il partisan de l’organisation de l’élection présidentielle de 2019 dans les délais. Et naturellement, Amar Ghoul soutient officiellement le 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika. « Selon la loi, pour que les présidentielles se tiennent dans les délais, il faut que le corps électoral soit convoqué le 11 janvier, le 18 janvier ou le 25 janvier. Et dans le cadre de notre appel au président de la République pour se porter candidat à la prochaine échéance présidentielle, cela suppose que l’élection aura lieu dans les délais”, a expliqué Amar Ghoul au cours d’une conférence de presse à Alger.

Ceci dit, Amar Ghoul confie indirectement que son parti, comme les autres formations politiques confrontées à l’agenda complexe de l’année 2019, attend impatiemment les « décision du Président Bouteflika ». « Nous soutiendrons toute décision du Président”, a-t-il dit avec beaucoup d’insistance.

L’autre sortie qui vient sonner le glas de l’idée du report des élections présidentielles a été organisée à Chlef. Hier mardi, depuis cette ville, le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrazak Makri, l’autre artisan du report des élections présidentielles, a changé totalement son discours. Désormais, il parle uniquement de « consensus national » et de « préservation de la stabilité en Algérie, par le biais du dialogue ».

Mieux encore, Makri a fait savoir qu’il est « contre le report des élections présidentielles, sauf s’il y a consensus concernant l’élaboration d’une nouvelle Constitution et d’une loi sur les élections dans un délai de moins d’une année ». Cela signifie clairement que la thèse du report s’est presque totalement effritée. Le Chef du MSP souligne, par ailleurs, qu’il oeuvre « pour un Gouvernement consensuel et pour tout candidat propre ».

Cette annonce reflète des manœuvres politiques qui se déroulent en ce moment dans les coulisses. Oui, même le MSP pourrait soutenir le 5e mandat s’il reçoit des garanties lui permettant de faire partie d’un gouvernement consensuel mis en place à la fin des élections présidentielles de 2019, a-t-on appris de plusieurs sources concordantes et bien informées.

L »option du 5e mandat fait donc son chemin et semble surmonter les derniers obstacles qui lui sont dressés. Le dernier message de l’institution militaire laisse entendre également que l’armée n’avalisera pas un amendement de la Constitution pour reporter les élections présidentielles de 2019. Et l’armée a juré une nouvelle fois fidélité au Président Bouteflika. Qualifiée par ses détracteurs de « déraisonnable », « incertaine » ou « impossible à réaliser », l’option du 5e mandat risque enfin de s’imposer comme la seule alternative au report des élections présidentielles, une option jugée par de nombreux observateurs avertis dangereuse et porteuse de dangers pour la stabilité du pays.

Selon nos informations, une conférence nationale pourrait bel et bien être organisée entre le 10 et 15 janvier prochain. Et cette conférence sera peut-être, pour ne pas dire fort probablement, l’occasion d’organiser la Moubaya’a d’Abdelaziz Bouteflika pour un 5e mandat successif. A moins qu’un grand chamboulement ne se produise à la dernière minute.

 

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