L’année 2018 fut une année très intense en Algérie. Des événements tristes, d’autres heureux ont bouleversé cette année qui s’achève ce lundi. Certaines catégories de la population algérienne ont fortement marqué l’actualité à travers leur combat, lutte et mobilisation en faveur d’une cause. Des Algériens qui se sont engagés en faveur d’un idéal en démontrant leur patriotisme et leur sens du sacrifice. 

D’autres groupes se sont, malheureusement, illustrés par leur désespoir et leur souffrance qui a ému tous les Algériens. Il en est ainsi des Harragas qui ont fait la Une à maintes reprises durant cette année 2018. De la tragédie de Raïs Hamidou jusqu’aux disparus d’Annaba en passant par les naufragés du nord de Cap Falcon (Aïn El Turck, Oran), les Harragas ont endeuillé l’Algérie à plusieurs reprises. Leur drame a nourri l’imaginaire collectif et les familles de ces jeunes désespérés en quête d’un avenir meilleur ont envahi les rues et les places publiques pour crier leur colère. Les vidéos et images de ces jeunes garçons, filles, quelques fois familles entières emmenant leurs enfants chétifs à bord de ces embarcations de fortune, ont été vécues comme une véritable blessure collective. Mais, en 2018 comme pendant les dernières années, les autorités algériennes ont échoué à trouver des réponses convaincantes face à ce phénomène de société.

Dieu merci, il n’y avait pas que des personnes désespérées et fatalistes en Algérie durant cette année 2018. Les médecins résidents ont engagé un énorme bras-de-fer avec l’Etat durant plusieurs semaines, voire des mois. Ils ont enfilé leurs blouses blanches pour manifester pacifiquement dans la rue et réclamer des mesures socio-professionnelles qui améliorent leur quotidien et les dissuadent de quitter massivement le pays. Des marches dans les plus grandes villes du pays, des rassemblements dans les plus importants hôpitaux du territoire national, les médecins résidents ont fortement bousculé l’ordre établi.

Hélas, ils ont été souvent réprimés, quelques fois terriblement brutalisés par des forces de sécurité insensibles à leur statut d’universitaire intellectuel épris de justice et révolté par le mépris. Et même s’ils n’ont pas pu obtenir la satisfaction de toutes leurs revendications, ils ont créé une dynamique contestataire qui a redonné de la vigueur à une société civile moribonde en Algérie.

Les retraités de l’armée et les soldats blessés durant la décennie noire ont également chamboulé le système de l’injustice et de la hogra en 2018. Ils étaient des milliers à entamer des marches immenses vers la capitale Alger pour exiger des pensions de retraites dignes de ce nom. « Le terroriste est devenu riche et le soldat misérable ! », ce slogan scandé par ces manifestants a profondément touché les Algériens. Ces derniers retiendront certainement les images de ces 6 jours de rassemblement à Haouch El Mekhfi, à quelques dizaines de kilomètres d’Alger, où des milliers de retraités de l’armée ont tenté de marcher sur la capitale pour faire entendre les revendications socio-professionnels. La répression dont ils ont fait l’objet a soulevé une vague d’indignation nationale à travers tout le pays.

Les avocats n’ont pas manqué de faire l’événement au cours de cette année 2018. Depuis le mois d’octobre dernier, plusieurs avocats ont été présents sur tous les fronts pour défendre les algériens victimes de l’arbitraire. Tout a commencé avec l’arrestation et l’emprisonnement des deux journalistes d’Algérie Part, Abdou Semmar et Merouane Boudiab. Plus de 57 avocats vont se mobiliser pour les défendre bénévolement au tribunal de Bir Mourad Raïs. Le procès a duré jusqu’au bout de la nuit. Les avocats, venus des quatre coins du pays, ont autopsié les successives violations des libertés font furent victimes les deux journalistes d’Algérie Part. Après avoir arraché la libération d’Abdou Semmar et Merouane Boudiab, les avocats bénévoles se battront pour le journaliste Adlène Mellah, le comédien Kamel Bouakaz, le sportif Fodil Dob ou le chanteur Mister AB, victimes eux-aussi d’une énorme machination politique et judiciaire.

L’engouement de ces avocats a permis de relancer le débat sur les défaillances du système judiciaire et la question des libertés opprimées par un régime politique aux abois face aux revendications citoyennes. L’année 2018 fut donc une année de luttes, de combats incessants et de colères populaires. Espérons que l’année 2019 sera meilleure pour tous les Algériens et Algériennes.

 

 

 

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