Le constat est sans appel. L’Algérie a réussi en un temps limité à généraliser l’accès à l’éducation. La Banque mondiale annonce des taux bruts de scolarisation au primaire qui passent de 94 % à la fin des années 1980 à plus de 113 % en 2010. Ceux de l’enseignement secondaire brut passent de 30 % à 95 % pour les mêmes années.

Ces taux de scolarisation se sont beaucoup améliorés et avoisinent ceux des pays développés. Cela peut s’expliquer par la pertinence des politiques éducatives adoptées par l’Algérie, après l’indépendance. En Algérie, les effectifs inscrits sont passés de 820.079 étudiants en 2001 et à 1250000 en 2012. La hausse des effectifs scolarisés est due, d’une part, à l’accroissement d’une population jeune et, d’autre part, à une amélioration significative des taux bruts de scolarisation. La croissance des effectifs est d’autant plus significative que l’on se déplace vers le sommet de la pyramide du système éducatif.

Les établissements d’enseignement supérieur ont réussi, dans un contexte parfois difficile, à satisfaire les besoins de l’économie nationale en cadres, à construire un corps d’enseignants universitaires national suite à la réforme de 1971. Depuis lors, l’université a connu des réformes « mineures » concernant, soit l’organisation pédagogique pour faire face aux flux de plus en plus importants de nouveaux bacheliers, soit les contenus des cursus universitaires pour se conformer au niveau des connaissances dans les domaines de la science et de la technologie. Les effectifs ont alors augmenté considérablement et d’une manière constante sauf durant la période 1992-1995 qui correspond à un moment où l’Algérie s’est trouvée dans une situation financière très délicate.

L’enseignement supérieur en Algérie est fortement subventionné, 98 % des dépenses proviennent du budget de l’État afin d’assurer l’égalité d’accès à tous les universitaires. Le baccalauréat donne automatiquement le droit à une place à l’université avec tous les avantages qui en découlent.

Le taux d’inscription dans l’enseignement supérieur n’a pas cessé d’augmenter depuis dix ans, passant de 16,03 % en 2001 à 30,76 % en 2010. En moyenne, sur la période 2008-2010, il s’élève à 30,8 % et à 34.59 % en 2014. « Il est supérieur à ceux des pays du benchmark ayant un PIB par tête inférieur à celui de l’Algérie (Vietnam, Indonésie, Maroc), similaire à celui de l’Égypte, mais inférieur à la Tunisie (34 %). La moyenne des pays du benchmark ayant un PIB entre 10000 $ et 20000 $ est de 54 % », selon le rapport présenté par NABNI en 2013.

Très peu de diplômés universitaires en Algérie 

Mais si pour les trois cycles de l’éducation nationale, le taux de scolarisation avoisinaient les 100 % par contre, ceux de l’enseignement supérieur arrivaient à une moyenne de 30 % mais n’ont pas cessé d’évoluer depuis dix ans, passant de 16,03 % en 2001 à 30,76 % en 2010 et à 34, 59 % en 2014.

En moyenne, sur la période 2008-2010, ces derniers s’élevaient à 30,8 %. Ils étaient supérieurs à ceux des pays du benchmark ayant un PIB par tête inférieur à celui de l’Algérie (Viet Nam, Indonésie, Maroc), similaires à celui de l’Égypte, mais inférieurs à la Tunisie (34 %). Ces taux restent encore insuffisants mais en progression continue.

Mais quoique qu’il en soit, le nombre de diplômés universitaires en Algérie ne dépassait pas les 3,4 % en 2000 et 5,4 % en 2010. Ce taux reste en deçà de celui du Maroc (6 %), celui de la Tunisie (6,2 %) et celui de l’OCDE (14,50 %).

Ces chiffres nous laissent penser que bon nombre d’étudiants en Algérie ne terminent pas leurs études supérieures. Toute chose égale par ailleurs, l’évaluation des taux de scolarisation ne peut impliquer automatiquement l’impact du capital humain véritablement associée à une acquisition des connaissances.

Dans une étude élaborée par l’université Jiao Tong de Shanghai (2012) concernant le classement des 500 meilleures institutions d’enseignement supérieur, seules les universités de deux pays de la région MENA figuraient parmi les 500 du Jiao Tong/Shanghai, à savoir l’Arabie Saoudite avec trois universités et l’Égypte avec une université, mais aucune université algérienne n’y apparaît.

Il est mesuré par le taux d’achèvement de l’enseignement secondaire et moyen. C’est un des indices valorisant le bon fonctionnement des systèmes éducatifs. Mais l’observation factuelle dans de nombreux pays en développement confirme un constat : l’augmentation du capital humain de la main d’œuvre mesuré par le nombre moyen d’années de scolarisation ne semble pas avoir le même résultat d’un pays à l’autre sur la productivité du travail. (Caselli ; Esquivel ; Lefort 1996). Le bilan fait par Nabni « bilan et situation en 2012 » a démontré que les résultats à quelques tests internationaux témoignent d’une faible qualité du système éducatif en Algérie.

En effet, les résultats de l’Algérie au TIMSS en 2007 pour des élèves de 4ème année ont été très médiocres. Seuls 2 % des élèves atteignent le niveau II, alors que dans les pays de l’OCDE, le taux est de 68 % pour Singapour ou 44 % pour l’Italie. Seulement 33 % des élèves atteignent le niveau IV alors que pour les pays de l’OCDE les taux dépassant 90 %.

Que faut-il donc conclure ? 

Les réformes du système éducatif en Algérie ont permis une formation initiale du capital humain, (scolaire et universitaire) mais dont la connaissance des savoirs reste insuffisante au niveau du monde du travail. Nemouchi Farouk, cite qu’ « En matière de taux de scolarisation et le nombre d’ingénieurs et de scientifiques, l’Algérie occupe respectivement la 58ème et la 43ème place.

En revanche, pour les indicateurs d’ordre qualitatifs, les résultats sont : qualité de l’enseignement primaire : 96ème place, qualité de la formation supérieure : 117ème place, partenariat industrie-université en recherche développement : 119ème place, capacité d’innovation : 125ème place, internet à l’école 125èmeplace. Ces résultats indiquent que l’Algérie occupe un rang plus qu’honorable en termes de massification de l’enseignement alors que pour les critères relatifs à la qualité du système éducatif et son incidence sur l’innovation technologique et la compétitivité économique, elle accuse un énorme retard.

Par Fatima Nekkal, chercheur au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC) basé à Oran. 

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